La lumière de la résurrection fait notre joie car la grande espérance du salut s’est réalisée en Christ. Alors comment vivons-nous cette joie de la fidélité de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous ? Comment vivons-nous cette réalité pascale de la joie de la rencontre ? En quoi la résurrection du Christ embrase-t’elle notre histoire ?
Un envoi en mission
Souvenons-nous, Paques est le passage de l’esclavage du péché à la liberté de l’amour dans la vérité de tout notre être, une lumière de l’humanité, l’unique qui redonne le sens profond de l’homme image de Dieu appelé à rayonner de la gloire divine. La résurrection n’est pas seulement une lumière qui brille dans nos ténèbres tout en gardant les ombres d’une forme de relativisme de la présence de Dieu. Christ est vivant et nous venons vous l’annoncer ! La visite de Dieu dans sa promesse réalisée brille de la vérité du Verbe fait chair et transforme notre vie. Bien plus, elle est révélatrice de Celui qui embrase notre existence d’une conversion de tout notre être à sa Parole de vie guidée par le souffle de l’Esprit Saint. Le Christ nous forme au combat spirituel pour irradier d’amour en nous poussant à choisir Dieu comme l’Unique.
Parfois nous fêtons le Christ ressuscité en bon élève dans les premiers rangs de la classe, et puis, la fête passée, la foi trépasse et la classe se vide. La tiédeur s’installe dans une nonchalance de l’attachement… « on verra plus tard »…Pourtant nous sommes appelés à nous imprégner de la lumière de l’Evangile aux couleurs de ce monde avec ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses pour annoncer la Bonne Nouvelle. La joie pascale n’est pas une joie passagère, d’un tourisme spirituel, mais bien l’ancrage de notre vie, comme le début d’une nouvelle existence où Dieu est présence. Car Dieu continue de nous appeler et d’être présent à nos côtés. Au cri de la croix sur l’abandon de Dieu résonne aujourd’hui le cri de Dieu sur l’abandon de l’homme à la relation divine. Pourtant le Christ est bien ressuscité. Il a tenu parole. A nous de marcher à sa suite.
Face au mal, s’éclairer à la lumière de paques
Le carême comme exercice du combat spirituel nous a entrainé à accueillir la joie du vainqueur, le Christ, notre Seigneur. Certains combats sont rudes, nous en faisons l’expérience parfois de manière amère. Une écharde dans le corps que l’on voudrait enlever pour n’être qu’à Dieu. Nous recherchons parfois l’illusion toute puissante d’être parfait pour le fantasme de l’union engendrant l’incapacité d’adaptation. Or nos imperfections permettent des progressions en étant miséricordieux et compatissant. Oui, cette même écharde nous appelle à être humble et à ne pas nous surestimer[1].L’humilité de la croix et la victoire de la résurrection nous montrent que c’est par la foi que nous sommes appelés à cette joie de la révélation. « L’homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal ; et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes. Mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement »[2] L’annonce pascale est de voir la victoire de l’amour qui remet la communion entre Dieu et l’homme en Christ. Le mal est vaincu non par la violence mais par l’humiliation de la croix pour nous rappeler que c’est dans le don sincère de soi-même que nous reflétons le mieux l’amour de Dieu et du frère. Les assauts du mal nous poussent à un repli sur soi-même une forme d’aliénation que l’on nomme liberté et une promotion cynique de la culture de mort. L’appel à la désespérance d’un avenir sombre nous empêche de voir la lumière de paques comme une réalité du monde à venir. Or le Christ est venu nous restaurer, et avec Lui, tous les possibles sont ouverts. « La foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit »[3] Toute vie humaine est un pèlerinage vers la sainteté de Dieu avec une démarche de transformation pour laisser passer la lumière. Oui il est ressuscité. Pour certains qui n’osent pas y croire tant c’est beau, nous le réaffirmons Il est ressuscité !
Le témoignage d’une vie intérieure guidée par la parole
Tout homme à la suite du Christ est appelé à faire cette expérience du don sincère de soi-même et à imiter le Christ en devenant témoin de la Parole de vie. « Jésus peut apporter au monde un nouveau commencement et une nouvelle lumière, la plénitude de l’amour fidèle de Dieu qui se livre aux hommes. »[4]. La plénitude de l’amour par la résurrection et le salut promis à tous ceux qui mettent leurs espérances dans le Seigneur est joie de la rencontre. Dieu est fidèle et dans l’amour nous montre un chemin de communion pour vivre le partage pour l’éternité. Ce n’est pas par des voix tonitruantes ou des imprécations, mais dans le silence de la croix et du tombeau, et le jaillissement des signes qui nous font prendre conscience en toute liberté d’une promesse à réaliser en devenant disciple. Le travail de la vie intérieure est justement de se libérer de l’ancien monde pour accueillir la terre promise. Alors nous nous remettons debout, délivrés de l’esclavage du péché, et libérés par pure grâce. La rencontre de paques irradie notre histoire de la vie divine, et dans le souffle de l’Esprit nous réunifie pour bâtir la civilisation de l’amour. Toutes nos activités quotidiennes doivent trouver un sens en Dieu, et contribuer à nous humaniser davantage.
Appelés à une transformation de vie qui rejette toute forme d’utilitarisme, de collectivisme déshumanisant ou d’individualisme déstructurant, les disciples du Christ travaillent à retrouver une écologie intégrale où l’homme est au cœur de la relation dans un juste rapport à Dieu, à ses frères et à toute la nature. Dans un discernement responsable éclairé par une conscience droite, nous avons à retrouver une vie intérieure qui se mette au rythme de Dieu afin de nous laisser guider par la grâce. Oui, la lumière de la vie exprime une joie profonde d’un Dieu qui se révèle en chacun de nous dans la grâce de l’Esprit Saint et nous engage à sa suite à témoigner avec ardeur d’un amour qui nous libère de l’esclavage du péché pour retrouver notre place d’héritier du Royaume. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » La foi est ce feu intérieur que l’on veut partager à tous comme une joie de la relation. Le jardin originel s’est ouvert dans la nouveauté de Paques. La Parole nous guide sur ce chemin de vie comme une source inépuisable d’un amour qui se répand pour ceux qui s’y abreuvent.
La promesse d’un amour salvateur
A l’ombre de la croix, la joie de la résurrection nous réveille à la promesse de Dieu dans la grande espérance du salut. Le Christ ressuscité révèle une nouveauté dans l’histoire dans la réalisation d’une humanité délivrée d’une mort enfermante. « L’homme nouveau porte les stigmates du Christ sur son corps ; le souvenir de la détresse du péché d’où il est éveillé pour une vie bienheureuse et du prix qu’il a fallu payer pour cela »[i] En effet, l’espérance s’est réalisée à la lumière de la résurrection du Christ. Il a ouvert les portes de la vie en Dieu par le don de l’Esprit Saint, et nous entraine avec Lui dans la communion éternelle en ouvrant les portes du paradis afin de rencontrer le Père. Le Christ Rédempteur n’est donc plus seulement une promesse lointaine d’un Messie à venir, mais un fait de Pâques, un signe pour l’homme d’aujourd’hui. Oui, il est possible d’entrer dans la joie du Père en imitant le fils et docile au souffle de l’Esprit. A nous d’être disponibles à cette lumière intérieure qui nous fait expérimenter la présence de Dieu et nous ouvre à une joie enracinée dans une paix communicative. Là notre conscience s’ouvre aux bienfaits du Seigneur et suscite en nous un désir de communion de plus en plus intense. L’infamie de la croix devient la croix glorieuse. La lumière de Pâques révèle l’amour par l’accomplissement des Ecritures et dans le souffle de l’Esprit et nous conduit vers le Père pour un bonheur sans fin.
La lumière divine est l’expression du face-à-face avec Dieu où nous entrons dans l’adoration éternelle en bénissant le Tout Puissant pour l’expression de son amour et en lui rendant grâce pour des actions dans nos vies. La résurrection illumine notre vie d’un amour salvateur. Le Christ nous a rachetés du péché pour nous conduire dans la lumière de sa présence. Il fait de nous des enfants de Dieu prêtre, prophète et roi dans la grâce du baptême et nous envoie comme témoins dans la grâce de la confirmation. La croix devient l’expression de la foi audacieuse qui manifeste la présence de Dieu en toute occasion. Laissons cette lumière de paques irradier toute notre vie et nous orienter vers un monde meilleur où le Christ règne. (…)
[1] 2 Co 12,7
[2] &13 Gaudium et spes – Vatican II
[3] &57 Lumen Fidei – François
[4] &59 Lumen Fidei François
[i] Kw 241 p 113 La puissance de la croix – Edith Stein

