[1]
Resituer le carême dans la démarche de foi, c’est d’abord comprendre que c’est une démarche vers Pâques, l’accueil de la révélation du Dieu Sauveur ressuscité d’entre les morts qui nous appelle à la vie éternelle. Pour cela il nous faut vivre une conversion afin de nous détacher du péché pour accueillir pleinement la gratuité de la grâce et nous rendre disponibles au souffle de l’Esprit Saint comme nous le rappelle saint Paul. « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu, alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair ». L’appel à la prière, au jeûne et au partage entre dans cette démarche vivifiante de disponibilité à la grâce.
Néanmoins, il nous faut rappeler chaque année la vision spirituelle de la démarche de foi. Cette année, il nous faut réfléchir à la cohérence du jeûne. La première affirmation est que le jeûne est une prière du corps pour instaurer le désir de Dieu et le souci de la fraternité dans sa propre vulnérabilité. Nous ne jeûnons pas pour faire plaisir à Dieu, ou pour un effort spirituel afin de nous gaver une fois le soleil couché. D’abord le jeûne d’eau n’existe pas dans le judéo-christianisme[2] quant au jeûne de nourriture, il autorise de manger un peu de pain. Cependant, il nous faut en comprendre le sens pour bien le mettre en pratique. L’homogénéité du jeûne nous rend disponibles lors du repas, pour passer le temps non utilisé à la cuisine et à la salle à manger dans la prière et la méditation des Ecritures. De plus l’argent économisé nous engage à vivre la vérité du partage dans le don de ce qui n’a pas été dépensé. Il nous faut garder cette triple cohérence de la conversion, dans la prière comme dialogue avec Dieu, dans le jeûne comme maitrise de soi et culture de la vertu de tempérance, et la solidarité fraternelle à travers le partage. C’est le moment aussi de vouloir être artisan de paix, ou mettre de la douceur dans notre vie et chasser toute colère ou emportement, voire d’être dans une juste relation au frère et au monde. Une fois que tout cela est compris, la mise en pratique devient beaucoup plus simple.
Rappelons-le une fois encore, il ne s’agit pas d’un effort physique, ou d’un contrôle irrationnel, ni d’une disposition erratique. Le jeûne peut se comprendre comme ne pas prendre un repas, ou deux ou trois repas, et mettre l’argent de côté pour pouvoir le partager. Il n’est donc pas mis de côté pour se faire une bonne bouffe le soir venu, ou pour s’acheter le nouveau téléphone portable avec le fruit de nos efforts… Cela prête à sourire… mais parfois on voit des choses bizarres… comme chez ces membres d’une communauté pastorale où après le carême les gens s’offraient pour eux-mêmes ce qu’ils avaient pu économiser. En clair le jeûne peut durer quarante jours, dans la privation, et la conversion du cœur, en ne buvant que de l’eau (de façon modérée) et du pain. Il peut être aussi de manger succinctement (comme un bol de riz), de manière abstinente (ne pas manger de viande, boire uniquement de l’eau, s’abstenir de dessert ou d’entrée, de fromage ou de friandise…). Le dimanche ne fait pas partie du carême puisque la résurrection prime sur la pénitence. Si nous pouvons comprendre le jeûne comme un choix personnel d’oblation à Dieu par le sacrifice, la démarche doit commencer par un moment de prière et de discernement à l’écoute du souffle de l’Esprit Saint pour faire les bons choix qui nous font grandir dans la vie d’enfant de Dieu et nous fait entrer dans la contemplation de Dieu avec une conscience droite. Prier avant chaque jeûne, est une autre forme de bénédicité, pour remercier le Seigneur pour ce temps particulier.
Mais discuter du carême en jeûne alimentaire ne nous dispense pas de comprendre la véritable signification de la pénitence qui est une maitrise de soi pour vivre la grâce de l’instant présent dans la complémentarité de notre vocation d’image de Dieu. « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »[3] L’appel à la conversion fait retrouver le chemin de communion avec Dieu, qui est signifié par notre volonté d’une vie fraternelle dans la juste relation. Cet appel nous décentre de nous-même pour avoir le souci les uns des autres dans un partage de ce qui fait notre vie. Or la vie de l’homme dans sa chair peut s’arrêter au superficiel, la démarche du carême fait avancer au large, pour découvrir avec le Seigneur la vie intérieure. « Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. »[4] L’apprentissage de la liberté nous défait de ce qui nous détourne de Dieu pour aller à l’essentiel et le choisir comme chemin de vie dans la vérité de nos actes, et la confiance en sa présence dans tous les événements de notre vie, même les plus douloureux. Car Dieu est là, fidèle dans son amour et audacieux dans l’appel à la communion et la volonté de partager cet amour avec Lui et entre nous. L’intention du jeûne doit donc être adaptée à la santé et au travail. Il serait inconséquent de jeûner et de restreindre la capacité de travail ou notre disponibilité au frère, signifiant ainsi plutôt un déni de la réalité. Le jeûne de Daniel[5] et ses compagnons n’a pas porté préjudice à l’eunuque qui les gardait, au contraire, ils apparaissaient en meilleurs formes. Cette leçon biblique nous rappelle de vivre le jeûne dans la réalité de notre quotidien et non dans un déni de la réalité. Il nous faut garder un visage joyeux, et être discret et non fanfaronner sur les places pour se faire bien voir[6]. « Parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ». Le jeûne est dialogue avec Dieu dans une relation intime qui n’a pas besoin d’être médiatisée, mais bien intériorisée dans un esprit d’intelligence des Ecritures et de sagesse qui permet de contempler Dieu le cœur pur.
Peut-être nous faut il développer les tendances de la chair « On sait bien à quelles actions mène la chair : fornication, impureté, débauche, 20 idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, 21 envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. »[7] La maitrise de soi englobe donc tout un ensemble de comportements déviants qu’il nous faut sans cesse corriger pour vivre la charité fraternelle. Dans la liste de saint Paul, il y a la dimension interpersonnelle (fornication[8], impureté, débauche) qui nous abime dans la relation avec l’autre. Il y a la dimension spirituelle (idolâtrie, sorcellerie) comme un dévoiement de la confiance en Dieu qui devient défiance du frère (haines, rivalité, jalousie, emportements) et perversion de la société (intrigues, divisions, sectarismes). Le jeûne rejoint ce besoin de purification pour nous amener à un juste rapport, et une prise de conscience des difficultés à surmonter pour nous approcher de la civilisation de l’amour. L’effort de carême est donc un témoignage de notre attachement à Dieu, une annonce du royaume à venir que nous espérons de tout notre être, et une transformation au souffle de l’Esprit pour nous laisser embraser par l’amour. Vivre de l’Esprit c’est reconnaitre avec audace que seul Dieu nous conduit. La foi est un voyage qui demande des efforts et des conversions pour, dans la nuit et l’isolement, redire avec saint Pierre ; « Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. »[9]
[1] Croire à L’Evangile c’est toujours croire que le temps est favorable au salut et à l’annonce de la venue de Notre Seigneur. La rencontre dans l’Espérance, et la vie du Royaume
[2] Une exception pour les juifs, le jeûne d’Esther sur UNE journée, ne pas manger ni boire du lever au coucher du soleil. (j’ai mis l’article une en majuscule pour redire ce que fait la tradition juive, et non pas dans une lecture littérale et maladroite du livre d’Esther).
[3] Jr 31,33
[4] 1 S 16,7b
[5] Daniel 1,3-15
[6] Mt 6,16-18
[7] Ga 5,19-21a
[8] Avoir des rapports sexuels hors sacrement du mariage
[9] Jn 6 :68
L’appel du jubilé comme année de grâce de Dieu et de libération pour l’homme appelle à redécouvrir dans les vertus théologales, l’espérance. « Dans le dynamisme inséparable, l’espérance est celle qui, pour ainsi dire, oriente, indique la direction et le but de l’existence croyante »[1] Une joie de la rencontre de Dieu qui demande un témoignage crédible et attractif. La fécondité de la liberté se vit dans la semence de l’espérance où la graine de la foi donne des fruits aux multiples visages de l’amour. La dignité de l’homme image de Dieu est fondée sur cette folle espérance. « Lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution : ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir »[2] Or Dieu est fidèle et nous accompagne dans toutes les étapes de notre vie, nous le savons, mais plus encore, lorsque nous marchons près du ravin de la mort, à cause de nos péchés, Il reste toujours à nos côtés, attendant le retour du cœur. « Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en lui »[3] Car le jugement de Dieu nous conduit à la communion avec lui pour toujours. Dieu est fidèle à la promesse du Salut et attend de notre part un oui de confiance dans son amour. Notre liberté s’exerce jusqu’au bout dans un choix volontaire pour Dieu qui marque notre responsabilité et il peut y avoir un dramatique refus, nous le savons. « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné »[4] Et la première liberté à exercer pour le croyant est d’être à l’écoute de la Parole de Dieu, le Christ, notre Rédempteur, lui qui éclaire notre histoire de sa lumière et révèle l’amour du Père dans le don de l’Esprit Saint.
Revenir à la source de la foi nécessite de rappeler le kérygme « le “noyau” de notre espérance : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze »[5]. Le Salut de Dieu pour nos vies fonde notre espérance sur une rencontre qui nous mène à l’éternité de l’amour. Une rencontre, tout est là. Que cette année, soit l’occasion d’une vraie rencontre avec le Christ dans l’espérance des fins dernières, pour nous laisser aimer jusqu’au bout. Une rencontre au puits de la joie, allant témoigner à tous de ce que Jésus a fait pour moi, assurément il est mon Sauveur. C’est le sens de notre vocation baptismale de prophètes qui annoncent la présence de Dieu dans l’histoire des hommes. « L’espérance chrétienne consiste précisément en ceci : face à la mort, où tout semble finir, nous recevons la certitude que, grâce au Christ, par sa grâce qui nous est communiquée dans le baptême, « la vie n’est pas détruite, elle est transformée »[6] pour toujours. »[7] La rencontre du Christ nous transforme et nous engendre de nouveau comme enfants du Père, enfants du Roi. « L’Esprit Saint renouvela d’abord ma vision de la prière chrétienne et me rappela que la première étape et non la moindre est d’entrer en présence de Dieu et d’y demeurer »[8] Parfois nous confondons vagabondage et pèlerinage. Or l’espérance nous fait entrer dans le pèlerinage du Salut, en nous donnant l’horizon du Rédempteur et la volonté de construire la civilisation de l’amour.
[1] &18 spes non confundit op cite
[2] 21-3 Gaudium et Spes – Vatican II cité par &19 spes non confundit
[3] &19 Spes non confundit op cité
[4] &22-1 Gaudium et Spes op cite
[5] & 20 Spes non confundit citant 1 Co 15, 3-5
[6] Missel Romain, Préface des défunts I.
[7] &20 Spes non confundit op cite
[8] P 14 « Prier comme un enfant de roi » Jean Pliya
En commençant la bulle d’induction pour l’ouverture de l’année jubilé 2025 par l’apostrophe de saint Paul « l’espérance ne déçoit pas »[1], le Pape, serviteur des serviteurs nous encourage à vivre « en pèlerins d’espérance »[2], orientés vers notre communion éternelle avec Dieu dans la vérité de l’amour en le voyant tel qu’il est. L’année sainte est une année de conversion et de changement pour accueillir la grâce de l’Esprit Saint et orienter notre vie vers une plus grande disponibilité à sa grâce. Le thème de l’espérance (après celui de la foi en 1975) nous indique une orientation sur notre Salut, comme un désir d’être en Dieu pour l’éternité. La rencontre personnelle avec Dieu dans la grâce de l’Esprit Saint fait de nous des témoins pour annoncer le Royaume comme le Christ. En paroisse, comment rendons-nous compte de cette grande espérance du Salut ? L’assomption de la Vierge Marie est pourtant le fruit d’une grâce particulière du Salut par anticipation, puisque nous dit le dogme elle est entrée corps et âme au paradis. Notre paroisse est donc orientée vers l’espérance. Il nous faut la vivre dans la confiance de la foi et le dynamisme de la charité.
Une parole d’espérance
L’annonce de l’espérance est une véritable joie du Salut offert à tous. Un de mes neveux m’a dit, « tu parles, au Ciel on ne fera que chanter les louanges de Dieu, déjà que la messe c’est parfois galère, … alors » Je lui ai rappelé que ce qui est premier c’est l’amour, et que voir Dieu nous fera aussitôt entrer dans la louange et l’action de grâce, avec une grande joie. Ce n’est pas tant de faire que d’être. L’éternité avec Dieu est la plénitude de l’être, l’unification de toute notre personne tournée vers Dieu, et contemplant sa face dans l’hymne de louange à la suite des anges : « gloire à Dieu et paix aux hommes de bonne volonté » L’espérance est fondée sur la promesse d’un bonheur sans fin dans l’unification de tout notre être – corps âme et esprit – dans le prolongement du don sincère de nous-même pour œuvrer à la suite du Christ à la louange de sa gloire. Le principe d’évangélisation consiste à partager cette joie de Dieu autour de nous, sa présence active dans notre histoire et la joie de communier dans la relation à Dieu, à nous-même et à nos frères. Quel est le témoignage que nous voulons donner autour de nous durant cette année sainte ? Que disons-nous de notre vie en Dieu et de sa présence dans notre histoire ?
L’annonce du kérygme[3] de la foi dans cette année sainte, nous enjoint à appeler à la conversion des cœurs et à la transformation de notre vie au rythme de Dieu et de la Bonne Nouvelle. Il faut nous tenir prêts, la lampe allumée, pour accueillir « Mon Seigneur et Mon Dieu », avec confiance et dans la joie des retrouvailles. L’amour se reçoit dans l’annonce, se vit dans la conversion de notre histoire, et se témoigne autour de nous comme une joie de la rencontre à partager avec audace. « L’espérance nait de l’amour et se fonde sur l’amour qui jaillit du Cœur de Jésus transpercé sur la croix »[4]. L’offrande du Christ est joie pour les cœurs et nous offre la vie en plénitude, pour ceux qui sont dociles au souffle de l’Esprit Saint. « C’est en effet l’Esprit Saint qui, par sa présence permanente sur le chemin de l’Eglise, irradie la lumière de l’espérance sur les croyants ; il la maintient allumée comme une torche qui ne s’éteint jamais pour donner soutien et vigueur à notre vie »[5] Vivre en pèlerin d’espérance appelle à rappeler la valeur de toute vie, du commencement à la fin. Les changements à vivre est de refuser fermement toute compromission et autre forme de relativisme qui essaye de justifier le massacre des innocents dans l’avortement, ou le crime organisé dans l’euthanasie. « L’espérance ne cède pas devant les difficultés, elle est fondée sur la foi et nourrie par la charité », et nous devons progresser dans la recherche de vérité de l’amour, pour accompagner chacun dans son histoire, et ensemble discerner comme construire la civilisation de l’amour en écho à la Bonne Nouvelle. La conversion, c’est-à-dire le changement de mentalité ne consiste pas à parler de conversion pastorale tout en restant dans une liberté individualiste et la volonté d’assujettir le désir de Dieu à nos propres capacités. Elle demande une conscience déployée dans la vertu de prudence afin de choisir avec sérénité d’être à l’écoute du souffle de l’Esprit et de vivre les déplacements nécessaire. Le pèlerinage en est une première démarche efficace. Quels sont les déplacements que j’accepte de vivre, les engagements pour recentrer ma vie sur le Christ ? Suis-je dans la volonté de marcher à la suite du Christ non seulement avec ma tête mais aussi avec mon corps et notamment mes pieds ?
La vie est faite de joies et d’espoirs, de tristesses et d’angoisse, mais à proximité du Christ au pied de la croix et, à l’aurore, devant le tombeau vide, elle nous fait entrer par le souffle de l’Esprit Saint dans une nouvelle compréhension, porteuse du message du Salut à partager avec tous. « La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. »[6] Dans l’amour nous devons partager la lumière de la vérité à travers « l’évangile de la vie »[7]. Tout joyeux les 72 disciples racontent à Jésus[8] l’expérience de l’annonce, et le Christ lui-même exulte de joie. « L’évangélisation contient … aussi la prédication de l’espérance dans les promesses faites par Dieu dans la nouvelle alliance en Jésus-Christ ; la prédication de l’amour de Dieu envers nous et de notre amour pour Dieu ; la prédication de l’amour fraternel pour tous les hommes — capacité de don et de pardon, de renoncement, d’aide aux frères — qui, dérivant de l’amour de Dieu, est le noyau de l’évangile ; la prédication du mystère du mal et de la recherche active du bien »[9] Dans ce pèlerinage d’espérance, l’évangélisation se vit dans l’amour. L’amour de Dieu et l’amour du frère font un pour l’oblation de notre vie. Et l’espérance prolonge l’amour jusqu’au pardon. Le mystère du mal nous faut reconnaitre que nous pouvons aussi, à la suite des prophètes, subir l’indifférence, le mépris, voir l’opposition, la dérision et la violence jusqu’à donner sa vie. Les tribulations, face à la lumière de la vérité, nous révèlent l’amour comme don sincère de nous-même, dans la gratuité de notre présence et de notre histoire pour servir Dieu. « On découvre comment l’évangélisation est soutenue par la force qui découle de la croix et de la résurrection du Christ »[10] Nous ne sommes pas parfaits, mais que cela ne nous empêche pas de proclamer la Bonne Nouvelle, non par nos vaines forces, mais par grâce de l’Esprit Saint chacun selon nos propres charismes. La vertu de patience concrétise la confiance que nous avons en la parole de Dieu, et la vertu de prudence nous permet de discerner avec sagesse ce qu’il nous faut vivre aujourd’hui dans une conscience éclairée par la foi.
Dans cette année jubilaire, marchons au rythme de Dieu en retrouvant une certaine forme de liberté dans nos rapports avec la société des écrans, des mass médias et de tout divertissement qui hypothèque notre temps au profit de la futilité. Retrouver le rythme du temps pour saisir le rythme de la personne humaine, de sa jeunesse à sa vieillesse comme celui de la création dans les saisons, participe à la collaboration de l’œuvre de Dieu dans la disponibilité du moment. Retrouver le cycle de la vie nous fait comprendre l’importance de la fécondité à chaque étape et de notre appel particulier au moment opportun. Dieu est à l’initiative, mais demande une disponibilité de notre part, pour que sa grâce puisse être pleinement déployée. C’est un appel à la maitrise de soi et à gérer ses frustrations pour aller à l’essentiel et dompter ainsi ses émotions pour ne pas entrer dans l’agressivité et la violence. « Apprenons donc à souvent demander la grâce de la patience qui est fille de l’espérance et en même temps la soutient »[11]. Peut-être pouvons-nous faire un point sur nos rythmes de vie, et prendre du recul par rapport à la course du temps ? D’autres actions peuvent être intéressantes, comme débrancher son téléphone pendant 24 h (le dimanche par exemple), ou ne se servir du téléphone que pour son usage premier, répondre aux appels et appeler si nécessaire. Peut-être pouvons-nous aussi arrêter la télévision durant une semaine, ou pour les plus accros, s’accorder au moins une journée sans écran ? Reprendre le rythme de la vraie vie nous enjoint de sortir, d’aller à la rencontre de l’autre, de nous promener, et d’être nous-même en profondeur.
Une parole d’espérance fait de nous des témoins de la liberté féconde en Dieu dans la recherche du meilleur bien. A l’écoute de la Parole et dans le dialogue de la prière, nous devons être attentifs au souffle de l’Esprit pour marcher sur les chemins du Seigneur. En pèlerins d’espérance, il nous faut témoigner à chaque instant du quotidien de la préférence du bien à la commodité « sachant que c’est justement ainsi que nous vivons vraiment notre vie »[12] Que ce temps nous aide à retrouver l’essentiel, pour ouvrir nos horizons à l’amour de Dieu dans la réalité du prochain.
Père Gregoire BELLUT – Curé – Doyen
[1] Rm 5,5
[2] &1 Spes non confundit
[3] Kérygme, annonce du condensé de la foi, Jésus Christ est Dieu, il est mort et ressuscité, il reviendra dans la gloire (anamnèse à chaque messe) et nous devons nous convertir pour l’accueillir
[4] &3 Spes non confundit
[5] ibid
[6] &1 Gaudium et Spes – Vatican II
[7] &1 Evangelium Vitae – Jean Paul II
[8] Luc 10,17-24
[9] &28 Evangelii Nuntiandi – Paul VI
[10] &4 Spes non confundit
[11] ibid
[12] &39 Spe Salvi – Benoit XVI
Janvier 2022

Lettre des fiancés
Fraternité renouvelée
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Elle a pris sur son indigence
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Parrain sous X
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EDITO 1 SEPTEMBRE 2021

