5. Ancrés dans l’espérance. (a)

L’appel du jubilé comme année de grâce de Dieu et de libération pour l’homme appelle à redécouvrir dans les vertus théologales, l’espérance. « Dans le dynamisme inséparable, l’espérance est celle qui, pour ainsi dire, oriente, indique la direction et le but de l’existence croyante »[1] Une joie de la rencontre de Dieu qui demande un témoignage crédible et attractif. La fécondité de la liberté se vit dans la semence de l’espérance où la graine de la foi donne des fruits aux multiples visages de l’amour. La dignité de l’homme image de Dieu est fondée sur cette folle espérance. « Lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution : ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir »[2] Or Dieu est fidèle et nous accompagne dans toutes les étapes de notre vie, nous le savons, mais plus encore, lorsque nous marchons près du ravin de la mort, à cause de nos péchés, Il reste toujours à nos côtés, attendant le retour du cœur. « Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en lui »[3] Car le jugement de Dieu nous conduit à la communion avec lui pour toujours. Dieu est fidèle à la promesse du Salut et attend de notre part un oui de confiance dans son amour. Notre liberté s’exerce jusqu’au bout dans un choix volontaire pour Dieu qui marque notre responsabilité et il peut y avoir un dramatique refus, nous le savons. « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné »[4] Et la première liberté à exercer pour le croyant est d’être à l’écoute de la Parole de Dieu, le Christ, notre Rédempteur, lui qui éclaire notre histoire de sa lumière et révèle l’amour du Père dans le don de l’Esprit Saint.

 

Revenir à la source de la foi nécessite de rappeler le kérygme « le “noyau” de notre espérance : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze »[5]. Le Salut de Dieu pour nos vies fonde notre espérance sur une rencontre qui nous mène à l’éternité de l’amour. Une rencontre, tout est là. Que cette année, soit l’occasion d’une vraie rencontre avec le Christ dans l’espérance des fins dernières, pour nous laisser aimer jusqu’au bout. Une rencontre au puits de la joie, allant témoigner à tous de ce que Jésus a fait pour moi, assurément il est mon Sauveur. C’est le sens de notre vocation baptismale de prophètes qui annoncent la présence de Dieu dans l’histoire des hommes. « L’espérance chrétienne consiste précisément en ceci : face à la mort, où tout semble finir, nous recevons la certitude que, grâce au Christ, par sa grâce qui nous est communiquée dans le baptême, « la vie n’est pas détruite, elle est transformée »[6] pour toujours. »[7] La rencontre du Christ nous transforme et nous engendre de nouveau comme enfants du Père, enfants du Roi. « L’Esprit Saint renouvela d’abord ma vision de la prière chrétienne et me rappela que la première étape et non la moindre est d’entrer en présence de Dieu et d’y demeurer »[8] Parfois nous confondons vagabondage et pèlerinage. Or l’espérance nous fait entrer dans le pèlerinage du Salut, en nous donnant l’horizon du Rédempteur et la volonté de construire la civilisation de l’amour.

[1] &18 spes non confundit op cite

[2] 21-3 Gaudium et Spes – Vatican II cité par &19 spes non confundit

[3] &19 Spes non confundit op cité

[4] &22-1 Gaudium et Spes op cite

[5] & 20 Spes non confundit citant 1 Co 15, 3-5

[6] Missel Romain, Préface des défunts I.

[7] &20 Spes non confundit op cite

[8] P 14 « Prier comme un enfant de roi » Jean Pliya