La question du hasard semble être étrangère à la foi. Encore faut-il se mettre d’accord sur la définition même du mot. Face au hasard s’entrecroisent pour le biologiste la nécessité[1], comme l’élection politique d’ailleurs opposera le hasard du vote[2] au choix arbitraire afin d’éviter toute autre forme d’ingérence, mais donnant à la nomination un caractère de destin.  Imprégné de cette culture, la première église n’a-t-elle pas fait un choix de tirage au sort pour choisir l’apôtre Matthias[3] ? De plus,  les philosophes ne s’y sont pas trompés en opposant hasard et fatum[4] – le destin. Dans la foi nous sommes interrogés sur la notion de hasard et de volonté de Dieu, comme choix manichéen. C’est l’un ou l’autre. Ici se pose donc la question de l’absurdité du mal et de la réalité de la souffrance à travers le dessein de Dieu voire de sa responsabilité. Mais également du dessein de Dieu et du sens dans ce que nous vivons pour l’interpréter au mieux afin que nous restions à l’écoute de la vie. Sans parler d’un aspect magique d’une vie télécommandée par Dieu Le sujet est trop sérieux pour que l’on s’en désintéresse.

 

Si nous reprenons la définition du hasard entre son étymologie qui est liée à la chance, nous y voyons une dimension de rationalisation de l’expérience vécue, et le fatum y fait résonner non sans fatalité le sens.  –  Ceci étant dit, il y a bien une volonté de trouver une raison à un vécu. Nous gagnons au loto par hasard, comme nous pouvons connaitre des accidents en se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Même si les jeux de hasard, dans des très faibles probabilités nous rappellent aussi une autre dimension de l’arbitraire. Pour gagner au loto je dois jouer, et j’ai alors une probabilité, certes négligeable, mais réelle de gagner. Peut-on alors parler de hasard dans l’obtention du gain[5] ? Certes il existe bien une chance dans la probabilité, néanmoins croire que Dieu soit absent des circonstances de gain ou d’appauvrissement pour les joueurs pathologiques reste naïf. Ne pourrait-on pas d’ailleurs définir le hasard comme l’involontaire de la situation dans la responsabilité de nos choix ? Ainsi le hasard pourrait être une forme de croyance de l’impondérable sans cause[6] réelle et sérieuse.

 

Pour aller plus loin, la question du hasard comme limite de notre connaissance, peut être entrevue comme une solution de principe posée par le scientisme. Si nous ne comprenons pas aujourd’hui, demain la science nous le dira. Le hasard n’existe pas, mais c’est le fruit d’une ignorance. Même si l’évolution déclare que certaines choses arrivent par hasard et d’autres adviennent pour maintenir le nécessaire équilibre de vie. Alors on pourrait presque poser la question de la cause lorsqu’on voit l’effet. C’est le principe même de la maladie.  Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? »[7] Rien ne peut arriver par hasard et face au mal, il nous faut forcement une explication. Or Jésus renvoie au mystère : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. »[8] Nous ne comprenons pas toujours ce qui se passe, et nous n’avons pas toujours les explications, mais nous faisons confiance à Dieu et persévérons sur le chemin de la foi pour contribuer à l’œuvre du salut. L’histoire se lit dans le temps et l’espace de la rencontre demande une perspective plus large pour une juste compréhension. La manifestation de Dieu se vivra dans un contexte que nous ne comprenons peut être pas immédiatement mais témoignera de la grâce de sa présence. Ainsi, toute lecture de notre histoire doit se voir dans sa globalité pour en trouver le sens. En l’occurrence ici par sa guérison signifiant ainsi la force du Christ et soulignant sa vocation messianique.

 

Quel est le salut promis ? Il est la communion avec Dieu pour toujours dans la civilisation de l’amour éternel. Or l’absurdité du mal dans la réalité de l’homme semble montrer une impuissance de Dieu. C’est d’ailleurs le reproche d’Albert Camus dans son livre « La peste ». En résumant le propos,  il fait dire à un de ses personnages, je ne croirai jamais en Dieu qui fait mourir les petits enfants innocents. D’ailleurs dans le prolongement mystique, certains disent ‘c’est la volonté de Dieu et il faut porter sa croix par configuration à la passion’, une injonction extérieure qui devrait s’imposer à nous. Ce n’est pas juste non plus et cela peut être un motif de rejet de la foi. Je ne parle même pas des visions d’un Dieu punisseurs, ou si tel événement nous arrive c’est que « le bon Dieu t’a puni ». Comme si Dieu se vengeait selon les acceptions humaines… La vision d’une forme d’anthropomorphisme[9] de Dieu ou la théologie est affaire d’émotions et de sentiments, comme à l’inverse une absence de Dieu dans toutes les causes de notre quotidien, se reposant après avoir créé l’horloge[10] et attendant la fin du monde pour se manifester, sont des interprétations erronées. L’enjeu est d’abord une relecture personnelle de son histoire à la lumière des Ecritures. Continuons donc de marcher avec le Christ vers Emmaüs afin de retrouver son cœur tout brulant malgré l’épreuve ! En effet, il faudrait revenir à la notion de « Toute puissance » de Dieu[11] que le grec nomme «  Celui qui tient notre existence entre ses mains ».

 

Claire Ly[12] lorsqu’elle est déportée dans des camps de rééducation du Cambodge, autre appellation d’un camp d’extermination créé par les communistes, a vécu l’absurdité du mal et des conséquences dans sa vie personnelle. Elle fait face à la violence sauvage. Devant l’improbable des situations où on lui opposait dans la tradition bouddhiste le karma comme une fatalité de la situation elle exprime une incompréhension. Elle refuse radicalement l’explication comme possibilité. Le Christianisme lui apporte une nouvelle lumière. Là elle comprend que ce n’est ni le hasard, ni le destin, mais que Dieu est à ses côtés dans cette mystérieuse histoire pour l’amener à vivre le bon combat et connaitre dans la résurrection du Christ la vraie source d’espérance. Le hasard de l’histoire n’a pas sa place dans l’expérience personnelle intime ni une compréhension immédiate. Job en fait l’expérience face au mal, mais il comprend que grâce à la fidélité du Seigneur toujours à ses côtés tous les possibles sont ouverts. Elle doit se battre pour la vie et entrer dans l’espérance.

 

Il faut aussi entendre la réflexion des maitres de l’absurde[13] sur la liberté de nos actes et la projection de notre vie. Freud dévoile qu’il n’y a pas de hasard, mais une réponse à désir ordonné par la sexualité. D’ailleurs les psychanalystes aiment bien dire qu’il n’y a pas d’acte manqué, mais que des actes réussis…. Marx nous dit que la destinée des hommes est liée à sa catégorie sociale, et donc qu’il doit s’affranchir par la violence de la lutte des classes… Nietzsche nous rappelle à voir le surhomme comme dominant le reste, dans une vision de toute puissance idolâtrique Il entraine à l’orgueil pour maitriser son temps et refuser l’impondérable[14]. Evidemment dans la foi cela va à l’encontre des Ecritures et Saint Jean souligne déjà les travers par les trois concupiscences du regard de la chair et de l’orgueil l’impasse du péché. Le Saint Pape[15] a d’ailleurs repris dans la Théologie du corps le parallélisme entre  les trois concupiscences et les maitres du soupçon. En prolongeant notre réflexion, que ce soit Nietzsche dans une destinée marquée par la puissance du surhomme », ou Marx par la détermination que nous voyons dans la classe sociale, qui d’ailleurs a été soulevée par certains sociologues, ou Freud dans la détermination par notre être sexué, nous voyons bien que le hasard n’existe pas, ni la liberté d’ailleurs. Tout est programmé. Réfléchir sur le hasard et la détermination nous oblige à comprendre le problème de la liberté comme capacité d’agir en fonction des réalités présentes dans a priori.  Si les maitres de l’absurde montrent un certain déterminisme ontologique, structurel ou social, Dieu, Lui,  nous demande d’accueillir avec responsabilité sa grâce pour en rendre compte par un témoignage de vie. Le dessein de Dieu est une liberté de croissance pour tout homme dans la disponibilité du cœur et les conversions nécessaires au changement afin de nous détourner de toute forme de péché et choisir la vie de l’Esprit pour professer notre foi avec persévérance.

 

Sur le hasard, il nous faut reconnaitre que dans les situations qui sont les nôtre on peut y perdre le sens dans un monde chaotique et parfois imprévisible. Néanmoins il est de notre responsabilité de s’engager pleinement dans l’œuvre créatrice pour relire la mort comme un passage vers la vie éternelle. Pèlerins d’espérance nous devons reconnaitre Dieu à l’œuvre dans notre vie, même si nous ne comprenons pas toujours la radicalité de l’instant. « On ne choisit pas où l’on nait. Mais on peut choisir comment on y vit »[16] Loin d’être sur l’inopiné du moment auquel on attribue le nom de hasard, retrouver du sens n’est pas réattribuer une fonction à l’événement mais de le faire passer dans l’intelligence relationnelle qui est nôtre sous le regard de Dieu.  D’ailleurs c’est dans l’interprétation « que nous pouvons à nouveau entendre »[17] car elle recréée le sens. L’explication du hasard rend intelligible la situation sans pourtant y découvrir le sens spirituel d’un mystère du dessein de Dieu dont nous n’avons pas tous les codes de déchiffrage  et avec la dramatique possibilité de comprendre de travers. Retrouver le sens du temps nous fait entrevoir une lecture plus globale pour en saisir le mouvement.

 

Loin de l’obscurantisme d’une part ou de l’orgueilleuse volonté de tout expliquer d’autre part, la notion de hasard véhiculée parfois sort du champ lexical de la foi pour trouver dans l’impondérable un sens afin de continuer à interpréter avec pertinence « le petit reste ». Mais cette question correspond pour nous croyants, au dessein de Dieu. Evidemment il faut garder une approche dans la prière pour faire confiance à Dieu et se garder de tout vouloir comprendre à la place de Dieu. Il y a bien un questionnement de la volonté de Dieu, et de la liberté humaine, comme des choix à poser notamment dans les causes et les effets, comme par exemple une partie d’échecs, mais garder l’humilité pour ne pas avoir la vaniteuse pensée de tout expliquer. L’humilité de l’incompréhension d’une situation et de disponibilité à la grâce de Dieu nous aide à progresser dans la vie spirituelle en s’en remettant complètement à lui, non dans une forme de démission, mais bien dans celle d’une plus grande communion.

 

Ainsi avec le Seigneur, c’est un accompagnement dans toutes nos réalités, et la Passion du Christ souligne cette liberté de Dieu qui nous a aimés jusqu’à souffrir la croix. « L’Évangile révèle que l’amour n’est pas le fruit du hasard, mais d’un choix conscient. Il ne s’agit pas d’une simple réaction, mais d’une décision qui demande préparation. Jésus n’affronte pas sa passion par fatalité, mais par fidélité à un chemin accepté et parcouru avec liberté et soin »[18] Dans la foi nous savons que Dieu agit dans notre histoire et nous accompagne à chaque instant, parfois des signes nous sont donnés pour avancer dans une liberté féconde. D’ailleurs, le peuple élu ne voit pas la conséquence du hasard ou « d’un destin aveugle, mais le résultat d’un dessein d’amour par lequel Dieu reprend toutes les potentialités de la vie et s’oppose aux forces de mort qui naissent du péché: »[19] Faire confiance à Dieu demande de relire notre vie dans tous ses moments comme une fresque dont le chemin nous est peu à peu dévoilé pour n’en comprendre le sens qu’au bout de la nuit. Si nous reprenons avec humour la réflexion, « Le hasard, c’est Dieu qui se promène »[20]

[1] Le hasard et la necessité, Jacques Monod 1970 comme rejet de la vie dans sa finalité, pour y avoir une théorie de l’évolution entre imprévu ingénieux et nécessité dans les interactions.

[2] Parfaite représentativité et éviter tout risque de corruption « Le pire des maux est que le pouvoir soit occupé par ceux qui l’ont voulu » Platon – La république

[3] Ac 1,26

[4] Au hasard s’oppose l’inéluctable comme une sorte de destin, d’autres diraient de Karma. Le mot français dérivé est fatalité.

[5] Sans poser la question du rapport à l’argent, notamment dans l’apport du gain sans corrélation au travail ce qui est déjà un problème en soi.

[6] Ce qui en soi interroge, est-il possible de n’avoir pas de cause aux effets que nous produisons ?

[7] Jn 9,2

[8] Jn 9,3

[9] Anthropomorphisme, c’est de prêter à Dieu des éléments humains, ce qui entraine des erreurs d’interprétation en oubliant l’essence même de Dieu.  Il nous faut des analogies, Dieu nous aime comme un Père, mais l’amour de Dieu n’a pas d’égal avec l’amour d’un père pour son enfant. L’amour de Dieu est plus grand, plus fort, et beaucoup plus complexe dans la richesse des relations… l’analogie nous aide à comprendre

[10] Voltaire “ L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. »

[11] Dieu le Père Tout Puissant, Ed Parole et silence 1998, Jean Pierre Batut

[12] « Revenue de l’enfer, Clair Ly Atelier 2002

[13] Maitre de l’absurde ou maitre du soupçon…. Même appellation

[14] Il y a un parallélisme avec le transhumanisme assez évident.

[15] Saint Jean Paul II 1920-2005

[16] Francesca Cabrini, citation en exergue.

[17] Paul Ricoeur, Philosophie de la volonté, finitude et culpabilité Ed Montaigne 1960 p 327

[18] 2025 catéchèse du Pape Léon XIV – III Le Christ notre espérance – Pâques de Jésus, 1 la préparation de la cène

[19] &39 Evangelium vitae – Jean Paul II

[20] Attribué à Albert Einstein

En écoutant un pasteur sur le net nous interpeller sur la communion ecclésiale et de l’importance du renouvellement missionnaire de chacun au cœur de la communauté, je m’interroge sur notre propre capacité de conversion et du témoignage de vie au cœur de la cité. Comme il le dit, ne soyons pas « des snipers » pour viser les musulmans, (ou les évangéliques), mais regardons d’abord comment nous pouvons vivre nos propres conversions pour faire de nos communautés paroissiales un havre de communion et de paix. Nos églises se vident clame t’il. Quand remettrons-nous un jaillissement spirituel pour faire de nos communautés un lieu attractif ? « Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. »[1] En écho,  l’appel de Saint Paul résonne encore dans notre quotidien comme une invitation à se laisser transformer dans notre fraternité pour ne faire qu’un même cœur, qu’une seule âme, assidus à la prière et à la fraction du pain[2]. Il est vrai que la question du témoignage de vie de nos communautés doit nous interpeller vigoureusement dans le sacrement de charité[3] et l’attention aux prochains. «  Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d’accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. »[4] La joie de Dieu doit transparaitre dans notre vie comme un sceau de sa présence d’amour. Un appel à bon escient de cette période de l’Avent. Nous sommes sollicités ardemment dans la foi, à nous préparer à la venue du Messie en laissant la lumière jaillir dans nos ténèbres afin d’éclairer notre vie de l’intimité avec le Seigneur. Comment témoigner avec audace de notre foi pour aider tout frère en humanité à cheminer vers le Royaume ?

 

L’aspect prophétique de notre foi se vit justement par nos actes en cohérence avec les Ecritures, et avec une responsabilité baptismale signifiée par notre engagement personnel et communautaire. Il s’agit dans ce cheminement vers noël de fixer notre regard sur la promesse d’alliance et attendre le Messie comme une lampe brillante qui éclaire notre existence de sa présence. Alors, avec les anges nous le louerons avec l’enthousiasme de la joie ; « Gloire à Dieu au plus haut des cieux »[5]. Un appel à accueillir cette étoile radieuse du matin[6] pour nous laisser guider vers l’amour de Dieu et rayonner de la grâce qui opère les changements du cœur. L’émerveillement de sa présence nous fait acclamer le Seigneur. « Hosanna au Fils de David, Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur !»[7]. Certes nous restons vulnérables, mais à chaque fois que nous proclamons Jésus Seigneur, l’Esprit souffle en nous. D’ailleurs, du Christ roi de l’univers à l’attente du Messie, nous sommes appelés au dynamisme de l’amour dans l’attention à vivre notre baptême de manière prophétique.

 

Toutefois l’accueil du Christ dans l’incarnation est le premier acte de foi dans la confiance en Dieu et sa providence toujours fidèle pour nous aider à grandir en sa présence et à écouter sa Parole de vie. Nous comprenons immédiatement que l’aspect missionnaire de notre foi est une composante prophétique de la venue du Christ et de son retour pour juger les vivants et les morts comme nous le chantons à chaque anamnèse « Nous attendons ta venue dans la gloire »[8] Recevoir la Bonne nouvelle est une transformation extérieure dans la guérison du corps « Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent »[9] et parallèlement (ou symétriquement) dans la guérison de l’âme « aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »[10]. La foi est l’acceptation du règne de Dieu dans toute notre vie, que ce soit dans la profondeur de l’âme, comme dans nos relations avec notre prochain. Néanmoins elle se vit concrètement comme artisan de paix, dans la simplicité de vie et la capacité à aimer jusqu’à pardonner « soixante-dix fois sept fois »[11]. Dans l’intériorité de notre maison une fois balayés du péché et de ce qui n’est pas dans la juste relation à Dieu nous voici dans la joie de la conversion à faire la joie des anges[12]. La miséricorde est un accueil du frère, et elle a bien une dimension prophétique dans la reconnaissance d’un même Père qui nous attend tous auprès de Lui dans son Royaume pour reconnaitre sa gloire et le louer

 

L’aspect prophétique du baptême invite chacun d’entre nous à un changement de vie pour mieux s’accorder à la Parole du Seigneur (et rien n’est acquis pour toujours, mais c’est un chemin de maturation humaine). Alors on peut comprendre la conversion non comme une négation de notre être, mais effectivement une transformation du cœur pour saisir l’essentiel qui ne se trouve qu’en Dieu. « Celui qui possède Dieu ne manque de rien ; Dieu seul suffit »[13] Ce n’est ni de l’idéologie qui demande de la tolérance pour soi et devient intolérance sur les propositions des autres, ni un changement d’Evangile au nom d’une modernité vide de grâce. La conversion est d’abord une méditation des Ecritures pour relire notre vie dans l’intelligence du cœur et retrouver la maison du Père afin que nous reconnaissions  notre péché et la ferme intention de ne plus recommencer tel un fils prodigue prenant conscience du don et retrouve le sens. Mais elle aussi cette volonté de communion entre nous en mettant le Christ au milieu de nous dans la prière commune. Il s’agit bien d’aller au puits pour puiser l’eau de la vie éternelle[14]. Alors la vision prophétique invite au passage de l’individualisme à la communion en remettant le don au cœur de toutes nos actions pour avancer ensemble sur un chemin de vie et la réalisation de la promesse du salut. La transformation nous réunifie intérieurement pour nous amener à Dieu notre Sauveur et rayonner « de son amour pour moi et pour mon prochain. ». Par le baptême, la confirmation et l’eucharistie, nous sommes déjà dans la lumière, et nous sommes appelés à rendre compte des talents que l’Esprit Saint nous fait expérimenter. En pèlerins d’espérance, nous comprenons la conversion comme l’accueil de la présence de Jésus dans notre vie, et une remise en route dans notre vocation d’image de Dieu appelés à la ressemblance.  Toute purification nous entraine alors à quitter toute forme d’idolâtrie pour marcher dans la lumière et aller à la rencontre du Rédempteur. « Heureux les cœurs purs ; ils verront Dieu »[15] Oui, la conversion est une réorientation du regard pour ne contempler que Dieu et y puiser notre bonheur pour l’éternité. « J’ai dit au Seigneur Tu es mon Dieu je n’ai pas d’autre bonheur que Toi »[16] La Parole devient alors lieu de croissance humaine dans la réalisation de notre vocation baptismale et l’étape d’un accomplissement « en Dieu mon sauveur »[17] Toute conversion est d’abord l’accueil de l’Esprit Saint dans notre vie, et un renouvellement de tout notre être à sa présence pour être disponible à sa parole et l’écouter parler en nous. Maintenant mettons le en pratique !

 

La communion fraternelle n’est pas une option de l’éveil spirituel. Elle est au cœur même de notre foi et l’esprit de communion demande une conversion intérieure pour nous laisser habiter par le Seigneur. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaitra que vous êtes mes disciples »[18] Plus encore, le service de la charité va avec le sacrement de la charité, dans un même accomplissement de l’œuvre de Dieu qui est de rassasier chacun de la présence du Seigneur, qui se reçoit par pure grâce. Avant de chasser sur d’autres territoires, réveillons la grâce que l’Esprit a mise dans nos cœurs, et fuyons toute tiédeur pour nous laisser embraser par l’amour du Seigneur et en témoigner autour de nous avec audace. La participation à l’eucharistie et la volonté de nous retrouver ensemble dans la prière sont les premiers actes missionnaires d’une paroisse. Revient alors en écho l’appel prophétique de Saint Paul VI « il faut que notre zèle évangélisateur jaillisse d’une véritable sainteté de vie alimentée par la prière et surtout par l’amour de l’Eucharistie, et que, comme nous le suggère le Concile, la prédication à son tour fasse grandir en sainteté le prédicateur[19]… Le monde réclame et attend de nous simplicité de vie, esprit de prière, charité envers tous, spécialement envers les petits et les pauvres, obéissance et humilité, détachement de nous-mêmes et renoncement. »[20]

[1] 1 Co 1,10

[2] Ac 4,32

[3] Autre nom de l’eucharistie

[4] 2 Co 13,11

[5] Lc 2,14

[6] Ap 22,16 « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin. »

[7] Mt 21,9

[8] Liturgie de la messe

[9] Mt 11,4-5

[10] Lc 19,5b

[11] Mt 18,22

[12] Lc 15,8

[13] Poème Thérèse d’Avila

[14] Jn 4

[15] Mt 5,8

[16] Ps 15,2

[17] Lc 1,47

[18] Jn 13,35

[19] Cf. Concile oecuménique Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum ordinis, n. 13 : AAS 58 (1966), p. 1011.

[20] &76 Evangelii Nuntiandi Paul VI

Nous voici engagés, en cette période d’entrée pastorale, à  retrouver la joie de la transmission de la foi. Connaitre Jésus nous rend heureux et le partage de la Bonne Nouvelle nous affermis dans la foi. Le pape François le rappelait avec persévérance « L’Évangile, où resplendit glorieuse la Croix du Christ, invite avec insistance à la joie. »[2] Il y a une vraie joie dans la vocation baptismale, que nous devons habiter, et la présence du Christ est comme une lumière qui brille dans notre existence. Une nouvelle existence où la prière est le rythme de notre temps et non l’inverse. Le Christ nous transforme et fait de nous des témoins vivants. Ni tiède, ni silencieux, ni laïcard, la foi transmet l’expérience de l’amour de Dieu dans notre histoire et de l’émerveillement de sa présence au quotidien.

 

La prière nourriture de vie intérieure

La joie de Dieu dans notre vie, l’observation de la grâce agissante dans la réalité de notre existence et de ce bonheur d’être en communion avec lui n’empêchent pas d’expérimenter la solitude du désert, de l’abandon et de la croix. Néanmoins, « la folie de la croix du Christ »[3] est pour nous source du salut, et annonce du Royaume à venir. Par la croix nous sommes rachetés une fois pour toutes, et nous savons que le Christ nous libère, Lui qui est pleinement Dieu et pleinement homme. Le don total du Christ sur la croix nous sauve vraiment, et la résurrection en est le signe efficace. Comme les premiers disciples, notre vocation est de témoigner de cette grâce de la rencontre de l’amour de Dieu, et entraine une transformation de toute notre histoire à l’aune de la présence du Seigneur. Nous ne sommes pas d’un instant, mais bien dans un projet d’amour jusqu’au bout et la découverte profonde d’une joie de communion pour l’éternité. L’amour est liberté de l’homme dans la vérité d’une relation tournée vers Dieu, Un et Trine. Le signe de la croix à chaque prière est bien une profession de foi trinitaire en Dieu, le Père et le Fils et le Saint Esprit. Dieu continue d’agir dans nos vies et le Christ, le Fils unique du Père,  est le chemin, le passage, l’espace de la rencontre personnelle et particulière et la grâce se communique par le Saint Esprit, Personne Don. La communion avec Dieu pour le service des frères fait alors partie de notre joie profonde au nom du don total de la croix. Dans la prière nous expérimentons cette joie pour aller à l’essentiel.

 

Alors retrouver l’espace de la prière c’est soigner sa vie intérieure, dans l’apprentissage d’un silence qui se fait attention afin de nous rendre disponibles à la brise légère, car elle nous parle de la présence de Dieu. L’effort du dialogue avec Dieu est accentué dans les temps forts, et surtout durant le carême, c’est vrai, mais il y a un véritable enjeu à « prier sans cesse »[4] pour répondre au souffle de l’Esprit et vivre la volonté de Dieu en toute chose non sans discernement. « Le monde de la prière est un monde à accueillir et à découvrir et non à capter. »[5] En effet, l’enthousiasme de la rencontre avec Dieu n’empêche pas la prudence dans l’action et le discernement nécessaire au fruit de l’Esprit Saint. Le danger de se prendre pour un gourou peut parfois être réel au nom d’une expérience spirituelle. L’humilité nous renvoie directement au service pour nous rendre disponibles à la grâce, et vivre de la vie de Dieu en vérité. Nous ne pouvons pas capter lorsque nous sommes en tenue de service, « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes des serviteurs non indispensables, nous n’avons fait que notre devoir.” »[6] A la suite du Christ la prière nous fait redécouvrir la juste relation pour nous tenir devant Dieu en vérité, au service de la Parole et libres à la grâce de l’Esprit Saint pour exprimer nos charismes au moment opportun.

 

Cependant,  l’espace de la prière est celui du temps à prendre avec Dieu pour choisir une vraie relation où chacun a sa place. Or la volonté de suivre le Seigneur et une meilleure connaissance de sa présence entrainent pour chacun de nous une croissance spirituelle. C’est l’occasion des choix où Dieu a la première place, et nous délaissons d’autres activités qui ne nous nourrissent pas. La révélation de Dieu suscite une redécouverte de notre relation spirituelle. C’est vrai pour tous les mystiques, souvent le spirituel prie le Fils, Jésus, notre Sauveur, et il redécouvre la puissance de l’Esprit Saint[7] qui agit dans l’histoire de chacun, alors il accueille l’amour du Père. Cette prise de conscience pour chacun d’entre nous de cette paternité qui nous redonne l’origine de notre identité. La prière de tout spirituel ancré dans une histoire de vie devient trinitaire. Le parcours de Sainte Elisabeth de la Trinité est un parcours de tous les saints. La vie trinitaire irrigue notre vie spirituelle d’une puissance de communion qui nous fait entrer dans la vérité de l’amour de manière responsable et juste en étant « ni intriguant ni vaniteux »[8], mais dans l’imitation de Jésus par l’obéissance de la foi et cette volonté d’être en communion.

 

 

/ fête de tous les saints /

 

Dans ce temps de la fête de tous les saints, et de mémoire des défunts et à travers l’affirmation de notre foi à la communion des saints (les vivants et les morts), il nous faut reprendre notre réflexion sur la prière comme lieu de sanctification dans la purification des sens par la croix et la disponibilité à la grâce.

 

La disponibilité du cœur

Il est vrai que la prière est aussi l’expérience d’un autre temps où le choix de Dieu impose une disponibilité pour chacun, et la privation d’autres activités. Qui dit liberté, dit des choix à opérer dans la recherche du meilleur bien. Parfois, dans une vie surchargée par de multiples occupations, nous nous trouvons si accaparés que nous sommes indisponibles pour l’écoute de la parole et le chemin d’éveil du disciple. Le témoignage de la foi se vit dans la restructuration de l’agenda particulier pour dire « me voici, envoie moi »[9] à l’inattendu du Seigneur. Rien ne doit être figé, bien au contraire, à chaque instant, dans le souffle de l’Esprit être attentif à la volonté de Dieu et accepter de se mettre en chemin dans une promesse bien réelle. Lors de l’annonciation, Marie doit aller aider sa cousine Elisabeth la stérile, elle qui est maintenant enceinte. Dieu agit. Et ce n’est pas l’histoire d’il y a deux mille ans. Dieu continue d’agir dans nos vies, mais nous sommes de moins en moins disponibles par l’attraction de la superficialité d’une part et de l’idéologie d’un temps pour soi d’autre part. La prière demande un cheminement pour retrouver l’amour de Dieu, et prendre notre croix à sa suite, un processus de croissance afin d’accepter de perdre pour gagner davantage. Le choix de Dieu dans le témoignage baptismal est d’abord un service pour le frère, dans la disponibilité de notre être, ancré dans la prière et la volonté de vivre la charité comme langage du Royaume des cieux à venir et déjà là dans notre pratique vivifiante de la Parole de vie. L’expérience de Dieu fait de nous des témoins de l’amour dans la réalité du moment à vivre.

 

La vie de prière est aussi l’expérience d’une vie sacramentelle que nous recevons dans les sacrements de l’initiation[10]. Or le témoignage de notre foi trouve justement son expression la plus juste dans le sacrement de confirmation, c’est-à-dire dans l’expérience d’une vie marquée par l’Esprit Saint et qui nous engage à témoigner de notre baptême pour construire la civilisation de l’amour. Comme nous le rappelle la mystique allemande, l’expérience de l’Esprit Saint nous renouvelle vraiment et l’eucharistie nous vivifie. « Dans le sacrement de confirmation il marque et fortifie le soldat du Christ pour un témoignage sincère. Mais avant tout c’est le sacrement dans lequel le Christ lui-même est présent qui nous fait membres de son corps »[11] Ces sacrements nous conduisent à traverser l’histoire en témoignage de notre foi renouvelée dans la prière et la communion. L’expérience de l’Esprit Saint, et lavie sacramentelle de communion au corps du Christ amènent à une fécondité qui ne dépend pas de nous mais de Dieu, et exigent de notre part une pleine acceptation dans la docilité de la foi. La Parole de Dieu est alors une balise dans notre vie pour continuer de progresser dans la révélation de Dieu, non pour le savoir, mais pour l’amour. Plus nous connaissons Dieu et plus nous l’aimons. Telle est le chemin de progression de la vie spirituelle.

 

C’est pourquoi, il nous faut retrouver l’amour de Dieu qui le rend premier dans notre vie. La conversion d’un cœur à cœur dans la prière se fera dans la place que nous faisons à Dieu. Lire la Parole demande du temps que nous prendrons sur le superficiel pour entendre le Seigneur nous ramener à Lui de tout notre cœur. « La lecture savoureuse et vivante de la Parole te dispose à trouver Dieu dans la contemplation »[12] Comme nous ne faisons pas de saut sans parachute, nous ne prions pas sans méditation de la parole, contemplation du Verbe fait chair, et la grâce d’entrer dans l’intelligence des Ecritures. Se disposer en Dieu demande d’être un orant qui médite les Ecritures jusqu’à la faire nôtres lorsqu’Il parait. C’est le chant du Magnificat, des morceaux choisis dans l’Ancien Testament qui au moment de la réponse à l’ange et de la visite à Elisabeth prennent une coloration nouvelle parce que la Parole se réalise de manière particulière dans la vie de Marie, pionnière de l’espérance du salut. Nous avons à redire à travers la Parole de Dieu les merveilles de Dieu dans notre vie et les partager dans un chant de louange.

 

            La croix glorieuse comme chemin du salut

De plus, la prière nous pousse à contempler la croix comme signe du salut. Entrer dans le plan du salut c’est accueillir la croix dans toutes ses réalités. « C’est une vocation que de vouloir partager la souffrance du Christ et de coopérer à son œuvre rédemptrice »[13] Il y a une vraie maturation spirituelle, et un engagement profond dans le dialogue avec Dieu pour trouver sa juste place. Persévérer dans la prière nous ouvre à la signification de la croix comme salut pour le bien de tous les hommes. Si nous devons œuvrer pour alléger la souffrance, notamment dans la maladie par l’accompagnement humain et l’accompagnement technique avec une meilleure connaissance du corps humain, l’échappatoire d’une mort programmée dans le refus de porter la croix blesse profondément notre vie chrétienne. Il y a des combats spirituels avec des chutes lorsque nous comptons sur nous-mêmes et que nous ne faisons pas assez confiance à Dieu, et des victoires lorsque nous choisissons Dieu comme l’Un et Trine.

 

Le bonheur d’être à Dieu n’empêche pas l’épreuve, mais nous fait marcher sur la voie du Seigneur sachant qu’Il est toujours à nos côtés. « La foi conserve toujours un aspect de croix, elle conserve quelque obscurité qui n’enlève pas la fermeté à son adhésion »[14] C’est le murissement de notre vie d’accueillir la croix comme lieu de réalisation de la vie spirituelle dans l’abandon à Dieu et l’humilité de nos choix pour grandir en sa présence. L’orgueil est cette montée de violence qui voudrait imposer au lieu de susciter l’amour, d’imposer des points de vue spirituels au lieu d’une recherche de communion pour entendre ensemble le souffle de l’Esprit. Comme une volonté de se prendre pour Dieu en décidant l’heure de ma mort, ou en programmant ce qui est admissible et ce qui ne l’est pas dans le domaine de la gratuité de la vie. L’obscurité est le durcissement du cœur et parfois le vent des tentations nous aveugle. Or notre balise, notre phare est la Parole de Dieu rayonnante dans la prière, et l’aide de notre mère, la Vierge Marie. La première des disciples nous montre le chemin pour aller vers Dieu dans l’exemplarité de vivre sa volonté « Faites tout ce qu’Il vous dira »[15].

 

Retrouver le chemin de la prière est l’occasion de progresser dans la foi pour témoigner de la formidable vie en Dieu. L’enthousiasme des nouveaux croyants doit nous contaminer. Il faut reconnaitre que parfois nous sommes un peu blasés, dans une culture religieuse qui n’attend plus grand-chose de la routine spirituelle. Ne soyons pas des touristes spirituels mais avançons avec ardeur sur ce chemin de communion à Dieu. « Ainsi l’union nuptiale de l’âme et de Dieu est le but pour lequel elle est créée, union rachetée par la croix, réalisée sur la croix et scellée de toute éternité par la croix »[16] La prière au pied de la croix est naissance de l’Eglise, et du témoignage de Marie comme disponible à la grâce de Dieu et Temple de l’Esprit Saint dans une docilité exemplaire. Sa vie ancrée dans le souffle de Dieu est prière confiance et obéissance féconde à la présence du Seigneur dans la réalité du quotidien.

 

Nous pouvons donc comprendre l’union nuptiale dans la prière comme l’expérience du don sincère de soi-même dans l’écoute de la Parole de Dieu, et le service de la charité jusqu’au bout. Ce n’est pas tant sur notre mérite, mais par pure grâce de l’Esprit, et dans le choix de nous laisser guider, qui oriente notre vie vers le meilleur bien, c’est-à-dire la communion à Dieu. Ne soyons pas des pharisiens autosuffisants, mais dans l’humilité du cœur prions avec persévérance : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ »[17]. La grâce de Dieu nous conduit, il nous faut persévérer dans l’écoute de sa présence dans notre vie, et l’abandon à sa sainte volonté. Ajoutons dans la foi que le Christ nous donne ce qu’il faut pour grandir.  « La croix dont Dieu nous charge, extérieurement et intérieurement, s’avère plus puissante que la mortification que l’on s’inflige de son propre chef »[18] Nous recevons de Dieu et nous partageons au monde cette expérience d’un Christ mort et ressuscité dont nous attendons le retour dans la gloire. Telle est la grande espérance du salut que nous partageons.

 

Synthèse

Ainsi la prière à l’ombre de la croix se vit dans l’expérience de la méditation des Ecritures pour avancer avec confiance dans la révélation de l’amour du Père qui nous envoie le Fils pour nous libérer du péché. L’Esprit Saint continue de nous vivifier dans cette marche vers le Royaume. Le don de la Parole de Dieu est lieu de croissance dans l’éducation de tout notre être vers ce désir de Dieu. Alors, l’orientation de notre foi et de notre charité vers la grande espérance du salut nous donne les ailes de la grâce pour avancer avec confiance vers le Seigneur à l’écoute de sa Parole. « Toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ;     grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien. »[19]Prière et méditation des Ecritures conduisent l’homme vers Dieu dans une communion rappelant les origines et notre vocation profonde à ressembler à Dieu dans la docilité à sa Parole de vie pour entrer dans une vraie louange ou Dieu est.

[1] 1 Co 1,27a

[2] §5 Evangelium Gaudium François

[3] 1 Co 1,18

[4] 1 Th 5,17

[5] P 251 Prie ton Père dans le secret – Jean Lafrance

[6] Luc 17,10

[7] Où il prend conscience de l’action de l’Esprit Saint dans sa vie

[8] Ph 2,3

[9] Is 6,8

[10] Baptême – Confirmation – Eucharistie

[11] P 78 La puissance de la croix Edith Stein

[12] P 255 Prie ton père, op cite

[13] P 46 La puissance de la croix Edith Stein

[14] §42 Evangelium Gaudium François

[15] Jn 2

[16] P 113 La puissance de la croix Edith Stein

[17] Lc 18

[18] P 107 La puissance de la croix Edith Stein

[19] 2 Tm 3

 

Janvier 2022

 

EDITO 1 SEPTEMBRE 2021