La vie dans l’Esprit nous demande un vrai discernement dans la vie spirituelle pour faire être à l’écoute de la volonté du Seigneur et opérer des choix dans l’intelligence des Ecritures. La lumière de Pâques rayonne dans notre vie pour réorienter nos désirs en Dieu. Mais nous ne sommes pas seuls. Le Christ nous partage l’Esprit Saint pour marcher selon la grâce. « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière »[1] Etre responsable de la Parole entendue, c’est accueillir l’Esprit Saint dans nos vies pour partager la joie du salut en annonçant à tous les hommes la Bonne Nouvelle.
De l’ascension à la Pentecôte, l’attente de l’Esprit
Accueillir le salut de Dieu demande d’être disponible au souffle de l’Esprit. La révélation de Dieu est un chemin de conversion pour l’homme afin d’accueillir la splendeur de la vérité dans toute son existence et d’agir en conséquence. « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. »[2] La beauté de la vie d’enfant de Dieu se réalise dans l’accueil des dons du Saint Esprit comme dans la responsabilité de faire fructifier nos talents. La vie en Dieu est d’abord une vie d’humilité à l’écoute de la parole dans la réalité du quotidien en redécouvrant l’extraordinaire de sa grâce dans l’ordinaire de notre vie. Dans tous nos choix de vie nous avons à être conduits intérieurement par le souffle de l’Esprit Saint et à faire confiance dans un discernement prudentiel pour vivre cette transformation de vie dans un appel à la croissance et à la fécondité.
C’est dans la grâce de l’Esprit Saint que nous pouvons vivre une vraie communion fraternelle dans la tradition apostolique. La Parole du Christ fait de nous des serviteurs, l’Esprit Saint nous fait expérimenter le service dans l’amour à travers la disponibilité de toute notre vie à l’inattendu de Dieu et au service de la charité fraternelle. Alors, sans cesse, nous avons à demander à la Personne Don de nous conduire dans la révélation de la foi pour mieux comprendre l’œuvre créatrice et y participer dans le rayonnement de la grâce obtenue. A travers notre vocation baptismale il nous faut raviver notre vie de foi dans l’onction de l’Esprit Saint, et retrouver notre premier appel à la sainteté. La méditation des Ecritures, la vie sacramentelle et le service de la charité sont des axes de croissance. Or plus nous laissons l’Esprit agir en nous, plus nous grandissons dans la foi pour avoir l’intelligence de la réalité du moment et de la révélation que Dieu opère, et en même temps retrouver cette vérité du salut et le chemin de purification et de transformation intérieure pour l’atteindre. L’attente de l’Esprit Saint est cette disponibilité intérieure pour laisser la grâce envahir tout notre être. Ouvrir toutes les portes et les fenêtres de notre cœur pour accueillir cette fraicheur rajeunissante de la vie nouvelle dans la grâce de Dieu est un appel d’approfondissement de la richesse de la vie intérieure.
Une vie nouvelle
Le témoignage de la foi se vit au cœur de l’Esprit Saint comme un dialogue incessant du don de l’amour qui nous transforme et nous fait agir en vérité. « Par le don de la vie nouvelle, Jésus nous rend participants de son amour et nous conduit au Père dans l’Esprit. »[3] Le pèlerinage de la grâce que nous vivons fait de nous des lucioles dans l’obscurité de ce monde pour apporter le sens de la vie et la beauté de la relation fraternelle puisque nous n’avons qu’un seul Père, Dieu. Le Fils fait de nous des frères et nous invite à vivre la communion pour le mettre au milieu de nous. Au cœur de l’alliance il y a une réalité de Dieu à travers son image, par la croix et la résurrection. Il aime vraiment et s’offre à nous pour nous faire participer à sa vie. Sa parole est exigeante, et le chemin demande de la persévérance avec humilité et douceur. Néanmoins, comme disciples du Christ nous manifestons par nos vies transformées la présence du Seigneur. Or cette fraternité de l’amour s’expérimente dans le don et découvre la richesse de la relation par la joie retrouvée, préparant à l’éternité. Si nous vivons d’amour alors la liberté devient la recherche du meilleur bien dans la vérité de nos actes. Il ne s’agit pas de dénigrer le frère ou d’être à l’affût de toute erreur, mais dans le souffle de vérité retrouver le chemin de l’alliance.
Les signes de l’Esprit sont là pour authentifier la vie nouvelle. « Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »[4] Toute aventure spirituelle dans le souffle de l’Esprit s’expérimente dans une vraie progression. Elle se manifeste significativement dans nos vies et dans celles de nos frères. Toute forme de régression est signe d’une déconstruction intérieure, et ce n’est pas seulement la vulnérabilité de l’homme ou le péché mais derrière l’œuvre du tentateur des origines. La manifestation des signes de l’Esprit se lit tout au long d’un parcours spirituel, certes, mais dans une progression de l’histoire commune comme un sceau de l’action de Dieu. On peut ainsi, s’interroger gravement lorsque dans une vie de prière et de proximité avec Dieu, s’observe de la violence fraternelle, un dénigrement de l’autre, une inadéquation à la disponibilité de l’Esprit en mettant la main sur ses choix, et en refusant la communion pour des scissions qui font scandale dans un total débordement de servitude et un retour à l’esclavage. Une régression à la si délicieuse soupe aux oignons d’Egypte idéologisée dans la traversée du désert. « On est esclave de ce par quoi on est dominé »[5] nous rappelle l’Ecriture. Le retour à l’esclavage dans les vernis de dimension spirituelle forme l’emprise que certains peuvent vivre. Retrouver cet espace de liberté c’est accueillir notre secours du Seigneur. « Tant que nous demeurons des brebis, nous sommes vainqueurs… mais si nous devenons des loups, nous sommes dominés parce que le secours du berger nous abandonne »[6] Et la parole de Dieu ne ment pas. Le discernement se fait dans la disponibilité aux fruits de l’Esprit et dans la prière pour retrouver le juste dialogue afin d’avancer ensemble dans la construction de la civilisation de l’amour. Le loup dévore dans sa relation dégénérée à l’argent, par sa vindicte la toute puissance et à la relation au pouvoir sans partage et finit toujours par une perversion de la chair. La maitrise de soi est alors cette humilité du cœur inspirée par l’Esprit Saint pour aller à l’essentiel et refuser tout ce qui peut nous asservir. La vie renouvelée n’est donc pas le désenchantement immobile d’un « c’est comme ça », mais à l’écoute de la Parole se laisser façonner par le potier dans l’obéissance de la foi et la stabilité de la tradition apostolique afin de s’affirmer dans le dynamisme de l’amour.
Ainsi dans une vie renouvelée, nous n’avons pas à être victimes des situations mais à questionner notre cœur pour demander au Seigneur ce que nous avons à vivre vraiment. Demander des signes dans une recherche de compréhension de l’œuvre de Dieu est une marque de foi, comme Marie à l’annonciation « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »[7] Entrer dans une fécondité spirituelle demande aussi de discerner comment le vivre, et de rechercher à se conformer à la Parole de Dieu. La question pour entrer dans l’intelligence de la foi demande un dialogue en vérité pour être toujours ajusté à la volonté de Dieu et finalement dire « Je suis la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta Parole »[8] L’obéissance de la foi se vit dans la confiance en la présence de Dieu dans notre vie, et l’Esprit Saint nous fait discerner par les fruits la réalité de la communion avec Dieu et avec nos frères.
Nous l’affirmons, l’amour nous fait expérimenter la vraie liberté qui est l’unification intérieure pour répondre à l’appel de la vie en communion avec Dieu. Il s’agit de retrouver la dimension de la profondeur de la vie spirituelle pour continuer d’avancer malgré les tempêtes de la réalité d’un quotidien pas toujours stabilisant. C’est pourquoi, dans la relation fraternelle, le pardon, nous fait expérimenter pleinement le don de l’Esprit Saint notamment à travers le sacrement de réconciliation et engendre une vie nouvelle dans l’émerveillement d’horizons qui s’ouvrent à nouveau à la grâce sanctifiante. Il y a comme un appel à vivre une vie réconciliée où nous marchons auprès de Dieu et avec Lui, traversons toutes les réalités de nos vies dans la paix. Rien n’est possible sans l’Esprit Saint, nous le comprenons aisément. Il nous fait entrer dans l’intelligence de l’amour et Il nous conduit dans ce désir de marcher vers le Père. La vie dans l’Esprit nous permet de dénoncer les contrefaçons de la vie spirituelle pour retrouver dans l’humilité du cœur et la disponibilité aux frères ce qui fait vraiment sens dans la vie de charité. Sans cesse prendre patience pour redresser ce qui est tordu, persévérer dans la vie de prière et dans la réalité du quotidien, continuer de progresser dans la méditation des Ecritures. Le sceau de l’Esprit Saint dans nos vies produit l’engagement dans le don sincère de soi-même.
[1] Jn 16, 13a
[2] Jn 15,26
[3] &118 Veritatis Splendor JPII
[4] Ga 5,22-23a
[5] 2 P 2
[6] Homélie de St Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu TO XXXIV Jeudi
[7] Lc 1,34
[8] Lc 1,38
L’amour dans l’humilité du cœur
La joie de la rencontre se vit dans la solidarité fraternelle et le partage de l’amour par un témoignage probant. Le devoir de la foi est devoir de charité envers Dieu et toute sa création. Mais nous avons à réapprendre dans la sainteté de l’amour à retrouver l’exigence du sacrifice afin d’accueillir la joie pascale comme une réalité d’imitation pour notre propre vie. L’humilité du Christ qui passe par notre humanité jusqu’à la folie de la croix éprouve notre foi, mais nous conduit à comprendre la résurrection comme un compagnonnage des Ecritures pour conduire l’humanité vers les réalités du ciel. C’est une purification de tout notre être afin de vivre cette joie de Dieu en annonçant la Bonne Nouvelle, en commençant par Marie Madeleine, celle-ci doit aller voir les apôtres pour témoigner, et dans la révélation du Sauveur qui donne la saveur du salut sur nos chemins d’Emmaüs, tous évangélisateurs au nom de la grâce baptismale. Répétons-le : pas de joie spirituelle sans une joie humaine de la fraternité, dans l’humilité du cœur. La dimension du sacrifice et bien cette réalité de la souffrance qu’Il nous faut accueillir dans la vulnérabilité de l’homme. La joie de la résurrection n’efface pas la réalité du mal mais la dépasse en montrant la victoire de la vie malgré toutes les vicissitudes, les tristesses, les angoisses. Que nous demandions que la coupe s’éloigne de nous, ne doit pas empêcher de nous rendre disponible à la grâce dans l’obéissance aux commandements de Dieu et des réalités d’un mauvais usage de la liberté de la part de nos frères. L’humilité se trouve justement dans l’acceptation des situations, et non dans l’orgueil d’une toute puissance ou nous ferions à la place de Dieu pour justifier nos chemins d’égarements.
Le chemin de disciple du Christ est un appel à la communion afin de retrouver ce qui fait sens dans notre vie et reprendre notre vocation d’image de Dieu appelé à la ressemblance. « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi »?[1] Le Christ nous montre le chemin de vie, et dans la vérité de l’amour. Il nous faut continuer notre parcours de foi. L’humilité est le plus sûr chemin de la relation ajustée au frère. Une purification de tout engagement qui se vit dans le service et non la domination ou l’autorité perverse. « En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères »[2] Ce chemin de sainteté, nous avons à le vivre comme une expérience personnelle avec sa dimension communautaire, assidus à l’enseignement des apôtres et à la fraction du pain. Christ nous faut marcher sur ce chemin de vie qui nous ouvre à la grâce de la Personne Don (l’Esprit Saint) pour entrer dans l’intelligence des Ecritures et entendre le Seigneur continuer de nous parler.
Une lumière qui chasse toute peur pour l’introduction à la vie éternelle
Dans une perspective eschatologique le chemin d’Emmaüs nous fait explorer l’alliance et la signification de la révélation. Les Ecritures parlent du salut de l’homme par l’envoi du Messie pour que s’accomplisse la promesse de Dieu. L’amour œuvre pour notre salut et nous introduit dans l’intelligence du dessein de Dieu pour toute la création. Nous en sommes témoins. « La foi pascale qui nous unit à Jésus nous est présentée… comme un passage, passage de l’ignorance inquiète à la reconnaissance des merveilles du Christ dans la gloire du Père et la communauté des frères[3], passage de la peur qui se ferme en elle aux dons de l’Esprit qui ouvrent sur le monde[4], passage enfin du refus de croire à l’adoration et à la foi de l’Eglise[5] . … Cette connaissance dans la foi du Ressuscité inaugure une immense aventure, celle de la connaissance de Dieu qui n’est saisi qu’en le cherchant davantage. L’Eglise, … n’a jamais fini de poursuivre son Epoux »[6] Libérés de toute peur, nous voici dans la joie pascale à accueillir la présence du ressuscité. Il suffit de regarder Jésus pour nous rappeler son amour pour le Père et sa volonté de communion avec l’homme en envoyant l’Esprit Saint. Toute sa vie l’obéissance à la volonté du Père a été un chemin de sanctification pour tout homme. La manifestation de l’Esprit Saint est pour l’Eglise l’expression de cet amour qui continue de pousser à croire et à vivre en Dieu. A la lumière de l’Evangile et conduit par l’Esprit Saint, ce temps de résurrection est un temps de conversion complète (de retournement – de remodelage pourrions-nous dire) de tout notre être à la grâce du Seigneur et d’une prise de conscience que Dieu doit être l’axe central de notre vie. Délivrés de toute peur, nous aussi nous avons à traverser la mer rouge de la promesse pour gouter à la joie de la résurrection. Tout au long de notre vie, nous avons à reposer cette confiance en Dieu à chaque instant et dans l’humilité du cœur le laisser nous renouveler de ‘l’intérieur pour aimer en esprit et en vérité.
La vocation de l’homme ? Ressembler à Dieu !
A la lumière de la résurrection la vocation de l’homme est éclairée d’un jour nouveau ; Le huitième ; Celui de l’accomplissement de l’alliance. Le Christ éclaire le mystère de l’homme et fait de nous des témoins de son amour dans l’expérience de sa présence et répondre dans cette liberté interrelationnelle d’une responsabilité pleine de notre vocation propre. « La lumière du Christ, image du Dieu invisible »[7] rayonne en son image dans tout notre être et à l’aube de Pâques, l’obscurité de notre être est transformée en lumière divine, et la gloire de Dieu nous habite lorsque nous marchons dans ces pas sous la grâce des sacrements et la communion des frères. Le salut annoncé par les témoins, vivant le changement de conduite et faisant des choix dans l’exigence des fruits du royaume, montre par l’engagement la richesse de la relation à Dieu et le manifeste pleinement en devenant des lumières pour ce monde en perdition. Ils redonnent le sens d’une part, mais surtout reflète le mystère divin par les œuvres de charité et de piété d’autre part. Le Christ est notre lumière, et nous la partageons à tous à travers cette imitation de sa vie et des choix responsable de l’annonce de la Bonne Nouvelle. La vocation de l’homme est bien de rappeler cette union à Dieu, l’éblouissante manifestation de sa présence à travers le rayonnement d’amour de l’alliance, puisant dans l’amour la raison de la révélation.
La ressemblance à Dieu est d’être « assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières »[8] c’est-à-dire vivre sa foi dans la relation à Dieu et au frères dans le partage du pain et au service de la charité, dans une recherche de communion qui demande l’obéissance dans la foi et l’humilité pour continuer d’avancer ensemble plus loin dans l’unité et manifester ainsi la gloire de Dieu à travers la grâce qu’Il nous octroie. Dans les réalités qui sont les nôtres à travers nos rapports familiaux et sociaux, et le développement des techniques, notamment des réseaux sociaux, il nous faut sans cesse trouver les modes d’annonce pertinent avec un discernement prudentiel pour ne pas se laisser manger par l’ogre de l’information tout azimut, tout en assurant une présence discrète et profonde. L’unité dans le Christ est notre vocation de fraternité universelle qui demande sans cesse un ajustement de notre part pour quitter nos propres forteresses d’un moi tout-puissant et reconnaitre les conversions à vivre sans cesse. Même dans nos approches des mass médias et des aspects d’une culture souvent négative sur la foi, le Christ qui nous habite doit nous aider à proposer des changements de regards pour devenir bienveillant et dans une recherche de communion fraternelle offrir la responsabilité de liberté de chacun à travers la recherche d’une équité véritable. Ressembler à Dieu c’est reconnaitre en chaque homme un frère à faire grandir dans la relation à Dieu et l’apprentissage d’une vie pleine de sens, puisque Dieu y est présent.
[1] S. Augustin, Confessions.
[2] 1 P 1,22
[3] Jn 20,11-18
[4] Jn 20, 19-23
[5] Jn 20, 24-29
[6] P 251 De la lumière à l’amour – Jean Laplace
[7] &10 Gaudium et spes – Vatican II
[8] Ac 2
La lumière de la résurrection fait notre joie car la grande espérance du salut s’est réalisée en Christ. Alors comment vivons-nous cette joie de la fidélité de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous ? Comment vivons-nous cette réalité pascale de la joie de la rencontre ? En quoi la résurrection du Christ embrase-t’elle notre histoire ?
Un envoi en mission
Souvenons-nous, Paques est le passage de l’esclavage du péché à la liberté de l’amour dans la vérité de tout notre être, une lumière de l’humanité, l’unique qui redonne le sens profond de l’homme image de Dieu appelé à rayonner de la gloire divine. La résurrection n’est pas seulement une lumière qui brille dans nos ténèbres tout en gardant les ombres d’une forme de relativisme de la présence de Dieu. Christ est vivant et nous venons vous l’annoncer ! La visite de Dieu dans sa promesse réalisée brille de la vérité du Verbe fait chair et transforme notre vie. Bien plus, elle est révélatrice de Celui qui embrase notre existence d’une conversion de tout notre être à sa Parole de vie guidée par le souffle de l’Esprit Saint. Le Christ nous forme au combat spirituel pour irradier d’amour en nous poussant à choisir Dieu comme l’Unique.
Parfois nous fêtons le Christ ressuscité en bon élève dans les premiers rangs de la classe, et puis, la fête passée, la foi trépasse et la classe se vide. La tiédeur s’installe dans une nonchalance de l’attachement… « on verra plus tard »…Pourtant nous sommes appelés à nous imprégner de la lumière de l’Evangile aux couleurs de ce monde avec ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses pour annoncer la Bonne Nouvelle. La joie pascale n’est pas une joie passagère, d’un tourisme spirituel, mais bien l’ancrage de notre vie, comme le début d’une nouvelle existence où Dieu est présence. Car Dieu continue de nous appeler et d’être présent à nos côtés. Au cri de la croix sur l’abandon de Dieu résonne aujourd’hui le cri de Dieu sur l’abandon de l’homme à la relation divine. Pourtant le Christ est bien ressuscité. Il a tenu parole. A nous de marcher à sa suite.
Face au mal, s’éclairer à la lumière de paques
Le carême comme exercice du combat spirituel nous a entrainé à accueillir la joie du vainqueur, le Christ, notre Seigneur. Certains combats sont rudes, nous en faisons l’expérience parfois de manière amère. Une écharde dans le corps que l’on voudrait enlever pour n’être qu’à Dieu. Nous recherchons parfois l’illusion toute puissante d’être parfait pour le fantasme de l’union engendrant l’incapacité d’adaptation. Or nos imperfections permettent des progressions en étant miséricordieux et compatissant. Oui, cette même écharde nous appelle à être humble et à ne pas nous surestimer[1].L’humilité de la croix et la victoire de la résurrection nous montrent que c’est par la foi que nous sommes appelés à cette joie de la révélation. « L’homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal ; et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes. Mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement »[2] L’annonce pascale est de voir la victoire de l’amour qui remet la communion entre Dieu et l’homme en Christ. Le mal est vaincu non par la violence mais par l’humiliation de la croix pour nous rappeler que c’est dans le don sincère de soi-même que nous reflétons le mieux l’amour de Dieu et du frère. Les assauts du mal nous poussent à un repli sur soi-même une forme d’aliénation que l’on nomme liberté et une promotion cynique de la culture de mort. L’appel à la désespérance d’un avenir sombre nous empêche de voir la lumière de paques comme une réalité du monde à venir. Or le Christ est venu nous restaurer, et avec Lui, tous les possibles sont ouverts. « La foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit »[3] Toute vie humaine est un pèlerinage vers la sainteté de Dieu avec une démarche de transformation pour laisser passer la lumière. Oui il est ressuscité. Pour certains qui n’osent pas y croire tant c’est beau, nous le réaffirmons Il est ressuscité !
Le témoignage d’une vie intérieure guidée par la parole
Tout homme à la suite du Christ est appelé à faire cette expérience du don sincère de soi-même et à imiter le Christ en devenant témoin de la Parole de vie. « Jésus peut apporter au monde un nouveau commencement et une nouvelle lumière, la plénitude de l’amour fidèle de Dieu qui se livre aux hommes. »[4]. La plénitude de l’amour par la résurrection et le salut promis à tous ceux qui mettent leurs espérances dans le Seigneur est joie de la rencontre. Dieu est fidèle et dans l’amour nous montre un chemin de communion pour vivre le partage pour l’éternité. Ce n’est pas par des voix tonitruantes ou des imprécations, mais dans le silence de la croix et du tombeau, et le jaillissement des signes qui nous font prendre conscience en toute liberté d’une promesse à réaliser en devenant disciple. Le travail de la vie intérieure est justement de se libérer de l’ancien monde pour accueillir la terre promise. Alors nous nous remettons debout, délivrés de l’esclavage du péché, et libérés par pure grâce. La rencontre de paques irradie notre histoire de la vie divine, et dans le souffle de l’Esprit nous réunifie pour bâtir la civilisation de l’amour. Toutes nos activités quotidiennes doivent trouver un sens en Dieu, et contribuer à nous humaniser davantage.
Appelés à une transformation de vie qui rejette toute forme d’utilitarisme, de collectivisme déshumanisant ou d’individualisme déstructurant, les disciples du Christ travaillent à retrouver une écologie intégrale où l’homme est au cœur de la relation dans un juste rapport à Dieu, à ses frères et à toute la nature. Dans un discernement responsable éclairé par une conscience droite, nous avons à retrouver une vie intérieure qui se mette au rythme de Dieu afin de nous laisser guider par la grâce. Oui, la lumière de la vie exprime une joie profonde d’un Dieu qui se révèle en chacun de nous dans la grâce de l’Esprit Saint et nous engage à sa suite à témoigner avec ardeur d’un amour qui nous libère de l’esclavage du péché pour retrouver notre place d’héritier du Royaume. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » La foi est ce feu intérieur que l’on veut partager à tous comme une joie de la relation. Le jardin originel s’est ouvert dans la nouveauté de Paques. La Parole nous guide sur ce chemin de vie comme une source inépuisable d’un amour qui se répand pour ceux qui s’y abreuvent.
La promesse d’un amour salvateur
A l’ombre de la croix, la joie de la résurrection nous réveille à la promesse de Dieu dans la grande espérance du salut. Le Christ ressuscité révèle une nouveauté dans l’histoire dans la réalisation d’une humanité délivrée d’une mort enfermante. « L’homme nouveau porte les stigmates du Christ sur son corps ; le souvenir de la détresse du péché d’où il est éveillé pour une vie bienheureuse et du prix qu’il a fallu payer pour cela »[i] En effet, l’espérance s’est réalisée à la lumière de la résurrection du Christ. Il a ouvert les portes de la vie en Dieu par le don de l’Esprit Saint, et nous entraine avec Lui dans la communion éternelle en ouvrant les portes du paradis afin de rencontrer le Père. Le Christ Rédempteur n’est donc plus seulement une promesse lointaine d’un Messie à venir, mais un fait de Pâques, un signe pour l’homme d’aujourd’hui. Oui, il est possible d’entrer dans la joie du Père en imitant le fils et docile au souffle de l’Esprit. A nous d’être disponibles à cette lumière intérieure qui nous fait expérimenter la présence de Dieu et nous ouvre à une joie enracinée dans une paix communicative. Là notre conscience s’ouvre aux bienfaits du Seigneur et suscite en nous un désir de communion de plus en plus intense. L’infamie de la croix devient la croix glorieuse. La lumière de Pâques révèle l’amour par l’accomplissement des Ecritures et dans le souffle de l’Esprit et nous conduit vers le Père pour un bonheur sans fin.
La lumière divine est l’expression du face-à-face avec Dieu où nous entrons dans l’adoration éternelle en bénissant le Tout Puissant pour l’expression de son amour et en lui rendant grâce pour des actions dans nos vies. La résurrection illumine notre vie d’un amour salvateur. Le Christ nous a rachetés du péché pour nous conduire dans la lumière de sa présence. Il fait de nous des enfants de Dieu prêtre, prophète et roi dans la grâce du baptême et nous envoie comme témoins dans la grâce de la confirmation. La croix devient l’expression de la foi audacieuse qui manifeste la présence de Dieu en toute occasion. Laissons cette lumière de paques irradier toute notre vie et nous orienter vers un monde meilleur où le Christ règne. (…)
[1] 2 Co 12,7
[2] &13 Gaudium et spes – Vatican II
[3] &57 Lumen Fidei – François
[4] &59 Lumen Fidei François
[i] Kw 241 p 113 La puissance de la croix – Edith Stein
Janvier 2022

Lettre des fiancés
Fraternité renouvelée
Rivalité et scandale
Ecoute Israël
Elle a pris sur son indigence
Jésus parlait à ses disciples
Parrain sous X
Parrain sous X
EDITO 1 SEPTEMBRE 2021

