« L’Esprit de vérité, vous conduira dans la vérité tout entière. »

La vie dans l’Esprit nous demande un vrai discernement dans la vie spirituelle pour faire être à l’écoute de la volonté du Seigneur et opérer des choix dans l’intelligence des Ecritures. La lumière de Pâques rayonne dans notre vie pour réorienter nos désirs en Dieu.  Mais nous ne sommes pas seuls. Le Christ nous partage l’Esprit Saint pour marcher selon la grâce. « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière »[1] Etre responsable de la Parole entendue, c’est accueillir l’Esprit Saint dans nos vies pour partager la joie du salut en annonçant à tous les hommes la Bonne Nouvelle.

 

De l’ascension à la Pentecôte, l’attente de l’Esprit

Accueillir le salut de Dieu demande d’être disponible au souffle de l’Esprit. La révélation de Dieu est un chemin de conversion pour l’homme afin d’accueillir la splendeur de la vérité dans toute son existence et d’agir en conséquence. « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. »[2]  La beauté de la vie d’enfant de Dieu se réalise dans l’accueil des dons du Saint Esprit comme dans la responsabilité de faire fructifier nos talents. La vie en Dieu est d’abord une vie d’humilité à l’écoute de la parole dans la réalité du quotidien en redécouvrant l’extraordinaire de sa grâce dans l’ordinaire de notre vie. Dans tous nos choix de vie nous avons à être conduits intérieurement par le souffle de l’Esprit Saint et à faire confiance dans un discernement prudentiel pour vivre cette transformation de vie dans un appel à la croissance et à la fécondité.

 

C’est dans la grâce de l’Esprit Saint que nous pouvons vivre une vraie communion fraternelle dans la tradition apostolique. La Parole du Christ fait de nous des serviteurs, l’Esprit Saint nous fait expérimenter le service dans l’amour à travers la disponibilité de toute notre vie à l’inattendu de Dieu et au service de la charité fraternelle. Alors, sans cesse, nous avons à demander à la Personne Don de nous conduire dans la révélation de la foi pour mieux comprendre l’œuvre créatrice et y participer dans le rayonnement de la grâce obtenue. A travers notre vocation baptismale il nous faut raviver notre vie de foi dans l’onction de l’Esprit Saint, et retrouver notre premier appel à la sainteté. La méditation des Ecritures, la vie sacramentelle et le service de la charité sont des axes de croissance. Or plus nous laissons l’Esprit agir en nous, plus nous grandissons dans la foi pour avoir l’intelligence de la réalité du moment et de la révélation que Dieu opère, et en même temps retrouver cette vérité du salut et le chemin de purification et de transformation intérieure pour l’atteindre. L’attente de l’Esprit Saint est cette disponibilité intérieure pour laisser la grâce envahir tout notre être. Ouvrir toutes les portes et les fenêtres de notre cœur pour accueillir cette fraicheur rajeunissante de la vie nouvelle dans la grâce de Dieu est un appel d’approfondissement de la richesse de la vie intérieure.

 

Une vie nouvelle

Le témoignage de la foi se vit au cœur de l’Esprit Saint comme un dialogue incessant du don de l’amour qui nous transforme et nous fait agir en vérité. « Par le don de la vie nouvelle, Jésus nous rend participants de son amour et nous conduit au Père dans l’Esprit. »[3] Le pèlerinage de la grâce que nous vivons fait de nous des lucioles dans l’obscurité de ce monde pour apporter le sens de la vie et la beauté de la relation fraternelle puisque nous n’avons qu’un seul Père, Dieu. Le Fils fait de nous des frères et nous invite à vivre la communion pour le mettre au milieu de nous. Au cœur de l’alliance il y a une réalité de Dieu à travers son image, par la croix et la résurrection. Il aime vraiment et s’offre à nous pour nous faire participer à sa vie. Sa parole est exigeante, et le chemin demande de la persévérance avec humilité et douceur. Néanmoins, comme disciples du Christ nous manifestons par nos vies transformées la présence du Seigneur. Or cette fraternité de l’amour s’expérimente dans le don et découvre la richesse de la relation par la joie retrouvée, préparant à l’éternité. Si nous vivons d’amour alors la liberté devient la recherche du meilleur bien dans la vérité de nos actes. Il ne s’agit pas de dénigrer le frère ou d’être à l’affût de toute erreur, mais dans le souffle de vérité retrouver le chemin de l’alliance.

 

Les signes de l’Esprit sont là pour authentifier la vie nouvelle. « Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »[4]  Toute aventure spirituelle dans le souffle de l’Esprit s’expérimente dans une vraie progression. Elle se manifeste significativement dans nos vies et dans celles de nos frères. Toute forme de régression est signe d’une déconstruction intérieure, et ce n’est pas seulement la vulnérabilité de l’homme ou le péché mais derrière l’œuvre du tentateur des origines. La manifestation des signes de l’Esprit se lit tout au long d’un parcours spirituel, certes, mais dans une progression de l’histoire commune comme un sceau de l’action de Dieu. On peut ainsi, s’interroger gravement lorsque dans une vie de prière et de proximité avec Dieu, s’observe de la violence fraternelle, un dénigrement de l’autre, une inadéquation à la disponibilité de l’Esprit en mettant la main sur ses choix, et en refusant la communion pour des scissions qui font scandale dans un total débordement de servitude et un retour à l’esclavage. Une régression à la si délicieuse soupe aux oignons d’Egypte idéologisée dans la traversée du désert. « On est esclave de ce par quoi on est dominé »[5] nous rappelle l’Ecriture. Le retour à l’esclavage dans les vernis de dimension spirituelle forme l’emprise que certains peuvent vivre. Retrouver cet espace de liberté c’est accueillir notre secours du Seigneur. «  Tant que nous demeurons des brebis, nous sommes vainqueurs… mais si nous devenons des loups, nous sommes dominés parce que le secours du berger nous abandonne »[6] Et  la parole de Dieu ne ment pas. Le discernement se fait dans la disponibilité aux fruits de l’Esprit et dans la prière pour retrouver le juste dialogue afin d’avancer ensemble dans la construction de la civilisation de l’amour. Le loup dévore dans sa relation dégénérée à l’argent, par sa vindicte la toute puissance et à la relation au pouvoir sans partage et finit toujours par une perversion de la chair. La maitrise de soi est alors cette humilité du cœur inspirée par l’Esprit Saint pour aller à l’essentiel et refuser tout ce qui peut nous asservir. La vie renouvelée n’est donc pas le désenchantement immobile d’un « c’est comme ça », mais à l’écoute de la Parole se laisser façonner par le potier dans l’obéissance de la foi et la stabilité de la tradition apostolique afin de s’affirmer dans le dynamisme de l’amour.

 

Ainsi dans une vie renouvelée, nous n’avons pas à être victimes des situations mais à questionner notre cœur pour demander au Seigneur ce que nous avons à vivre vraiment. Demander des signes dans une recherche de compréhension de l’œuvre de Dieu est une marque de foi, comme Marie à l’annonciation « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »[7]  Entrer dans une fécondité spirituelle demande aussi de discerner comment le vivre, et de rechercher à se conformer à la Parole de Dieu. La question pour entrer dans l’intelligence de la foi demande un dialogue en vérité pour être toujours ajusté à la volonté de Dieu et finalement dire « Je suis la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta Parole »[8]  L’obéissance de la foi se vit dans la confiance en la présence de Dieu dans notre vie, et l’Esprit Saint nous fait discerner par les fruits la réalité de la communion avec Dieu et avec nos frères.

 

Nous l’affirmons, l’amour nous fait expérimenter la vraie liberté qui est l’unification intérieure pour répondre à l’appel de la vie en communion avec Dieu. Il s’agit de retrouver la dimension de la profondeur de la vie spirituelle pour continuer d’avancer malgré les tempêtes de la réalité d’un quotidien pas toujours stabilisant. C’est pourquoi, dans la relation fraternelle, le pardon, nous fait expérimenter pleinement le don de l’Esprit Saint notamment à travers le sacrement de réconciliation et engendre une vie nouvelle dans l’émerveillement d’horizons qui s’ouvrent à nouveau à la grâce sanctifiante. Il y a comme un appel à vivre une vie réconciliée où nous marchons auprès de Dieu et avec Lui, traversons toutes les réalités de nos vies dans la paix. Rien n’est possible sans l’Esprit Saint, nous le comprenons aisément. Il nous fait entrer dans l’intelligence de l’amour et Il nous conduit dans ce désir de marcher vers le Père. La vie dans l’Esprit nous permet de dénoncer les contrefaçons de la vie spirituelle pour retrouver dans l’humilité du cœur et la disponibilité aux frères ce qui fait vraiment sens dans la vie de charité. Sans cesse prendre patience pour redresser ce qui est tordu, persévérer dans la vie de prière et dans la réalité du quotidien, continuer de progresser dans la méditation des Ecritures. Le sceau de l’Esprit Saint dans nos vies produit l’engagement dans le don sincère de soi-même.

[1] Jn 16, 13a

[2] Jn 15,26

[3] &118 Veritatis Splendor JPII

[4] Ga 5,22-23a

[5] 2 P 2

[6] Homélie de St Jean Chrysostome sur l’Evangile de Matthieu TO XXXIV Jeudi

[7] Lc 1,34

[8] Lc 1,38