Le regard d’un enfant qui reconnaît sa mère, son père, son premier sourire est un des moments importants dans l’évolution de l’éveil de la conscience de tout enfant qui se reconnaît en ce premier regard. Ce fut le premier regard, premier sourire de Jésus pour Joseph et Marie. Comme tous les enfants, il a reçu de ses parents une éducation humaine et spirituelle. C’est en regardant Marie que Jésus apprit à lire la bible et à prier. C’est en regardant travailler Joseph qu’il a appris le métier de charpentier. Jésus a partagé notre condition humaine et a connu ces premiers regards tout naturels vers ses parents.

Quand il eut 12 ans, il est allé à Jérusalem. Il s’était attardé à parler avec les docteurs de la loi ;  et Joseph et Marie angoissés, après trois jours de recherche, le retrouvent dans le temple. « Le voyant,  ils furent frappés d’étonnement et sa mère lui dit :  ‘Mon enfant , pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés’. Il leur dit : ‘Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ?’   Mais eux ne comprirent pas ce qu’il leur disait…. Et sa mère gardait tous ces événements dans son cœur. » (Lc 2,48-51).  Saint Luc est le seul qui rapporte cette anecdote pour nous introduire dans le regard de Jésus et pour découvrir la relation qui l’unit au Père. Plus tard, lorsqu’on l’avertira : « Voici que ta mère et tes frères sont dehors, ils te cherchent », Jésus leur répondra : « Qui sont ma mère et mes frères ? ».  Et parcourant du regard ceux qui étaient assis autour de lui, il dira : «Voici  ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère ». Jésus sait très bien que Marie sa mère est un modèle de foi, elle qui a accueilli le message de Dieu en répondant à l’ange : « je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit.». En regardant la foule de ceux qui écoute sa parole, il révèle qu’il est venu pour fonder de nouveaux liens et une nouvelle famille. Il vient nous dire que nous sommes appelés à devenir les enfants de Dieu, déclarant : « je vais vers mon Père et votre Père » (Jn 20,17).

Lors des noces à Cana  (Jn 2,1-11) le vin  manquait. la mère de Jésus lui dit : « ils n’ont pas de vin ». Il dut y avoir un échange de regards entre Marie et son fils qui lui dit :  « femme que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ». Cette réponse énigmatique de Jésus est une ouverture pour regarder ces noces comme une annonce des noces qui par sa mort et résurrection célèbreront l’union de Dieu et de l’humanité sauvée.

« Près de la croix où il était crucifié se tenait debout sa mère»  (Jn 19,25-27). Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère :  «  Femme, voici ton fils ». Il dit ensuite au disciple : « Voici ta mère ». La TOB précise que dans le texte original écrit en grec le possessif  sa est absent, comme pour suggérer que Marie n’est plus exclusivement la mère de Jésus. Elle est la mère de tous les humains. La piété catholique parle de la maternité spirituelle de Marie à l’égard des croyants.

De son coté ouvert jaillissent du sang et de l’eau,  ce que les chrétiens ont toujours interprété comme le symbole des sacrements du baptême et de l’eucharistie. Ainsi le Christ a formé l’Eglise à partir de son côté, comme Dieu avait formé Eve à partir du côté d’Adam : Marie au pied de la croix reçoit de son fils un regard qui fait d’elle la figure de l’Eglise et la mère universelle de tous les croyants.

 

P. Philippe BRADEL, f.c.

 

Prière :

Dieu notre Père, par la voix de l’ange tu nous as annoncé la naissance de Jésus qui s’est fait homme en la Vierge Marie.

Jésus, apprends-nous a imiter ta mère en méditant avec elle les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux.

Esprit Saint, viens te joindre à mon esprit pour que ma prière soit, à l’exemple de Marie le jour de la Pentecôte, une prière en communion avec l’Eglise.