« Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres. » (2/3)
L’amour de Dieu éclaire notre liberté.
Dieu nous aime. Il se manifeste dans notre vie pour nous amener à Lui. Il est la source de vie pour toujours. Ainsi nous expérimentons pleinement la responsabilité de la liberté de l’amour. A la suite des témoins du Christ nous sommes appelés à vivre la manifestation du salut à travers la joie de la résurrection. « Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.»[1] La bénédiction de Dieu se reçoit dans la Parole du Fils et grandit par grâce de l’Esprit, avec ce prolongement de l’œuvre créatrice du Père de qui vient toute autorité. Alors nous retrouvons cette confiance en la providence de Dieu qui nous conduit sur un chemin de vérité dans la juste relation. Voici notre joie, le jardin d’Eden s’est de nouveau ouvert par grâce, et la résurrection du Christ éclaire notre avenir
La vie d’enfant de lumière nous incite à rechercher cette relation à Dieu d’un grand désir, pour nous laisser entraîner dans la joie de la communion en contemplant Dieu d’un cœur pur. Les saints « étaient les plus éclairés par la lumière authentique qui reflète la vérité divine et approche la réalité même de Dieu, parce qu’ils abordaient cette vérité avec vénération et amour: amour avant tout pour le Christ, Verbe vivant de la vérité divine, et en même temps amour envers son expression humaine dans l’Evangile, dans la tradition, dans la théologie »[2] L’amour demande à être connu (connaissance), et reconnu (Volonté) pour en témoigner autour de nous (mémoire). L’alliance avec Dieu pour le peuple élu est une révélation du buisson ardent où Dieu se fait connaitre, comme Celui qui agit dans l’existence, et demande à ce que nous marchions à sa suite pour être libérés du péché et de toute forme d’esclavage. C’est une aventure dont il faut faire mémoire. Ce n’est pas une histoire de vieux combattant, mais d’émerveillement des signes de Dieu dans l’histoire des hommes et d’un entrainement à l’adoration pour sa plus grande gloire.
Notre vie humaine s’enracine dans l’accompagnement avec Dieu et par la vérité de la relation de confiance qui s’enracine au cœur de la charité. C’est pourquoi, toute histoire spirituelle est avant tout la rencontre par les sens de notre corps[3] mais aussi par les sens de notre perception humaine – l’âme[4]. La vérité divine illumine donc tout notre être dans son âme et dans son corps pour nous faire expérimenter la grâce de la réalisation de la grande espérance du salut. « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu nous donner l’intelligence pour que nous connaissions Celui qui est vrai »[5] La vie d’enfant de Dieu est une promesse pour un amour d’éternité en Dieu et nous savons par la résurrection que cela est vrai. A nous d’entrer librement dans cette connaissance qui nourrit notre humanité d’un sens nouveau dans l’inclination à vivre de la grâce.
Une joie de la connaissance de Dieu
En effet la résurrection nous transfigure dans la joie de la rencontre du Christ vivant. Il est la vraie connaissance. Et entrer dans l’intelligence de la foi à la source de la résurrection c’est retrouver l’éternelle sagesse qui est de contempler Dieu. La démarche personnelle de chacun à connaitre Dieu et de vouloir le suivre est la première démarche de cohérence de notre humanité. L’errance de l’homme loin de Dieu est toujours diabolique. D’ailleurs plus que de cohérence de la relation, nous devrions parler d’unification de tout notre être dans l’accomplissement de la vie humaine par le Christ Rédempteur. Le tentateur des origines essaye de nous éloigner de Dieu et de nous faire perdre la réalité d’une communion confiante. L’homme se retrouve face à sa nudité et la désespérance de sa situation. Au contraire à l’aube de Pâques, la réalité de la vocation humaine se réalise parfaitement dans le Christ, et devient pour nous la norme d’une vie à sanctifier dans le souffle de l’Esprit Saint. Dans cette intelligence de la dignité humaine, nous comprenons que faire mémoire pour persévérer sur le chemin de vie fait partie de tout notre être. La volonté humaine se fonde sur la liberté fortifiée par la connaissance et dans la mémoire de l’action de Dieu dans notre vie pour croitre en sa présence.
L’amour nécessite un retournement intérieur pour contempler Dieu
Le Verbe s’est fait chair pour endosser notre humanité. Il nous montre le chemin de joie dans la relation au Père. Christ est ressuscité et il dévoile à l’homme ce chemin de transfiguration en Dieu. L’incarnation est l’éternité de Dieu dans le temps de l’homme. La résurrection est le salut de l’homme dans l’éternité de Dieu. Le Rédempteur illumine notre vie de sa présence. Il est Dieu et dans un véritable amour au service de l’homme et il se révèle à chacun d’entre nous, n’en doutons pas. Il nous faut le reconnaitre dans cette expérience d’une conversion personnelle « Mon Seigneur et mon Dieu. ». Une relation de l’homme qui reconnait l’amour donné et manifesté par son Sauveur et prend conscience qu’Il est le maitre de la vie. Alors il s’agit de vouloir être avec Lui pour toujours et de sans cesse faire mémoire de sa manifestation dans notre histoire.
De fait, au retournement extérieur d’un vrai désir de Dieu, il est demandé un retournement intérieur pour gouter à la radicalité du chemin de l’amour dans un engagement fiable afin d’entrer dans la joie de Celui qui nous a créés. D’ailleurs le véritable amour n’est pas dans ce qui est utile mais dans ce qui fait sens, et Marie Madeleine nous édifie par cette disposition du cœur à aller jusqu’au bout dans l’humanité. Cet amour de Marie Madeleine qui accomplit son service malgré la douleur de la perte, et la mort du Messie. De bon matin, sans perdre de temps elle va vers le tombeau pour embaumer le corps. Néanmoins, cela demande une dépossession du service pour entrer dans la rencontre. C’est un chemin spirituel pour tout baptisé. « ’S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! ». Un retournement de tout son être d’où jaillit la familiarité du langage de l’amour. Elle reconnait le maitre. Une expérience spirituelle qui conduit à vénérer le Christ, en d’autres termes à le reconnaitre dans notre réalité quotidienne comme une relation vivante. La rencontre où nous voulons le suivre en l’imitant chaque jour dans les choix de vie que nous opérons tout au long du parcours de foi. Dieu est fidèle, et nous avons à le suivre fidèlement avec assurance et dans une volonté ferme d’aller jusqu’au bout dans le don de sa vie. Il y a bien un moment dans notre vie où nous devons le reconnaitre dans notre histoire et de vouloir marcher avec Lui jusqu’au bout.
[1] 1 Jn 4,9
[2] &19 Redemptor Hominis – Jean Paul II
[3] Vue, Audition, toucher, odorat et goût
[4] Connaissance, volonté, mémoire
[5] 1 Jn 5

